Start-up

Freitag offre sa vitrine à quatre projets de financement participatif

La manufacture invite de jeunes entrepreneurs à convaincre les investisseurs entre ses étals de sacs et accessoires. Reportage en forme de lèche-vitrines à Lausanne

Freitag a accueilli jeudi soir quatre projets de financement participatif dans sa boutique lausannoise. La manufacture zurichoise de sacs et de vêtements s’est associée à la plateforme de crowdfunding suisse «We make it», matérialisant la levée de fonds en une sorte de foire aux projets. Montures de lunettes en papier recyclé, t-shirts teints à la pelure d’oignon ou épicerie garantie sans emballages plastiques, les startupers ont pris, l’espace d’une soirée, leurs quartiers entre les étals de Freitag. Dans une ambiance à mi-chemin entre la vente aux enchères et le marché du dimanche.

Du côté de la marque zurichoise, l’événement répond à une motivation à la fois commerçante et personnelle. «Soyons clairs, nous ne vendrons pas de sacs ce soir, rappelle Markus Freitag, cofondateur de la marque éponyme. Mais ce type d’initiative nous permet d’atteindre notre public cible en créant de nouveaux espaces de rencontre. Et cela permet de donner un coup de main à des start-up animées par le même état d’esprit que nous à nos débuts.»

Des habits teints aux légumes

Rencontrée entre les apparats, Caroline Fourré, 23 ans, a pourtant déjà tout de la professionnelle. La jeune yverdonnoise présente pour la deuxième fois dans un magasin Freitag son projet «Local Colors» prévoyant la récupération de pelures ou de peaux de fruits et légumes pour colorer différentes pièces de tissu. Elle a déjà récolté 8000 francs, sur les 5200 budgétés à l’origine. Un surplus qui lui permettra de développer son idée. «Je veux effectuer des études de marché pour vérifier si ce type de coloration peut être utilisé à plus grande échelle», explique-t-elle devant des échantillons de pelures d’oignon ou de chou rouge et de peaux d’avocat récupérées dans des fermes ou des restaurants.

Pierre Nicolas cherche, lui, 40’000 francs pour son épicerie durable qui doit ouvrir en septembre à Lausanne. Un projet lancé avec 9 amis visant notamment à doter leur futur commerce de grands silos de distribution afin d’éviter la prolifération d’emballages plastiques, «un dérapage récent», se désole ce professeur de mathématiques au gymnase. Ses compères et lui continueront à exercer leur métier à côté, se répartissant les tâches administratives ou la collecte des produits en fonction de leur temps libre. Une heure après la mise en ligne de sa campagne, le collectif avait déjà réuni plus de 1100 francs.

Fonder la base de sa clientèle

Mais l’essentiel pourrait être ailleurs. «Ce type d’événement permet aux start-up d’aller à la rencontre de ceux qui deviendront peut-être leurs clients, explique Sophie Ballmer responsable du bureau romand de «We make it». La dimension réseautage et marketing est également très importante.» Créée en 2012, la plateforme est spécialisée dans le financement de projets locaux. Elle revendique 1710 projets aboutis, soit un taux de réussite de 65%.

Le Veganopolis Café était l’un d’eux. Lancé en août 2015 sur «We make it», le projet parvient à décrocher 22’000 francs en «pleine période de vacances», afin de créer le seul take-away végane de Lausanne, explique Luisa Imperato, également présente lors de la soirée. Mais, au-delà de l’aspect financier, le crowdfunding a permis de «créer une communauté et de fidéliser» la base de sa future clientèle. Pour le projet Veganopolis, c’est surtout la mise à disposition d’un local à des conditions de remboursement favorable (quelque 150’000 francs), par un généreux mécène, qui permet de faire le saut définitif. «Sans ça, nous serions encore en train de faire des brunchs dans les jardins.»

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