Fribourg évalue des étudiants sur leur capacité à générer des ventes

Master La Haute Ecole de gestion lance un programme inédit en Suisse, centré sur la commercialisation de produits ou de services

En partenariat avec la Banque Cantonale de fribourg, la Haute Ecole de gestion de Fribourg a mis en place ce mois un nouveau module d’enseignement. Nom de code: «Venture in Action». L’objectif est d’offrir aux étudiants la possibilité, dans le cadre de leur Master of Science in Business Administration, de lancer leur propre micro-entreprise. «Il est exigé des participants de lancer un produit ou un service sur le marché et de conclure des ventes [directes, sur Internet ou tout autre canal de distribution] avant l’issue de la formation qui dure seize mois», résume Rico Baldegger, directeur de l’établissement.

Pour ce faire, la trentaine d’élèves, répartis par groupes de maximum six personnes et encadrés par des coaches issus du secteur privé et académique, disposent d’un capital initial de 1000 francs. «Ils ne perçoivent ni salaire ni frais de représentation; seuls certains déplacements sont pris en charge sous réserve d’approbation», signale Rico Baldegger. Bilan: un des entrepreneurs en herbe a par exemple financé lui-même son voyage au Bangladesh pour son projet lié au secteur textile.

Capsules de sirop en poudre

Parmi les start-up les plus prometteuses – ou originales – du programme fribourgeois, on peut mentionner Mix Me et Swider. La première entité commercialise de la poudre aromatisée (en provenance d’Allemagne) en capsules (conditionnées en Suisse) qui, une fois agitées après avoir été vissées sur des bouteilles PET, produisent du sirop. Prix de vente (en kiosques, dans les cafétérias, la restauration rapide ou en ligne): entre un et deux francs l’unité. La deuxième microsociété a quant à elle mis sur le marché une nouvelle marque de cidre, conçue comme une alternative à la bière et produite en Valais.

Certaines des neuf structures créées à fribourg ont déjà généré après quelques mois d’existence plus de 2000 francs de chiffre ­d’affaires.

Le bénéfice: 40% de la note

L’étape de consolidation, qui passe par un éventuel plan de financement supplémentaire externe, vise la rentabilité de l’affaire. «Les ventes et les bénéfices réalisés comptent pour 40% de la note», résume Rico Baldegger.

Le module prévoit, in fine, la sortie, la vente ou la liquidation de l’activité. «A la fin de leurs études, si les participants veulent poursuivre seuls leur projet entrepreneurial, ils doivent nous restituer leur capital de départ. Nous ne demandons aucun droit [en espèces, en actions, en termes de gouvernance] sur leur travail», assure le directeur.

D’ici à juin 2015, les étudiants auront l’opportunité de présenter leurs modèles d’affaires à Boston (en septembre) puis à Singapour, dans l’espoir d’intéresser des bailleurs de fonds.