Le développement durable est passé par là. De plus en plus d'entreprises se préoccupent de respect de l'environnement. Le nombre de firmes suisses ayant reçu la certification ISO 14001, norme internationale de bon comportement «écologique», se monte aujourd'hui à 586, contre 300 à fin 1998. Et tout indique que leur proportion devrait augmenter encore. La norme ISO exige notamment que l'entreprise dispose d'un système de management environnemental. Or celui-ci est le plus souvent confié aux responsables de la qualité et de la sécurité ou aux directeurs techniques, qui n'ont pas forcément des compétences spécifiques en matière d'écologie.

Il existe, depuis plusieurs années, des cours destinés aux futurs responsables en management environnemental. Ils se présentent soit sous forme de modules d'un ou plusieurs jours, soit sous forme de séminaires internes, taillés sur mesure pour chaque entreprise. «Les besoins sont bien présents. Les participants ont des exigences de plus en plus élevées. Ils veulent une base théorique et des méthodes qu'ils puissent immédiatement tester en atelier», déclare David Fiorucci, directeur de programme du «sanu», Centre suisse de formation pour la protection de la nature et de l'environnement.

Conscient de la demande croissante en formation dans ce domaine, le réseau BeNeFri des Universités de Berne, Neuchâtel et Fribourg a mis sur pied, et c'est nouveau en Suisse, un certificat de responsable en management environnemental. «Nous offrons une formation en environnement depuis 1998. Mais il s'agissait de modules indépendants les uns des autres. Les participants ont exprimé le désir d'aboutir à un certificat, et surtout de pouvoir accomplir un travail plus conséquent en entreprise», explique Gerhard Schneider, responsable du service de coordination des sciences de l'environnement de l'Université de Fribourg. Les cours débutent en mars prochain et dureront neuf mois à peu près.

Ce programme est destiné en priorité à des cadres, c'est-à-dire des personnes de terrain. De ce fait, il met l'accent sur les aspects pratiques et la participation en temps réel des étudiants. C'est là son originalité. Les cours théoriques ne constituent qu'un cinquième du programme. Tout le reste se fait sous forme d'ateliers, de pratique en entreprise, et d'échanges d'expérience. Au-delà des aspects purement techniques, le cours aborde des thèmes comme la communication au sein de l'entreprise et la motivation du personnel, ou encore les aspects juridiques de la protection de l'environnement. «Cette formation est une bonne introduction à la thématique pour les sociétés qui souhaitent entreprendre le processus de certification ISO», juge Dominique Rossel, spécialiste de techniques qualité et environnement, et membre du corps enseignant. Avant de lancer sous forme de boutade: «Il y a trois ans, lorsqu'on proposait les premiers cours en environnement, on nous prenait pour des extraterrestres. Aujourd'hui, c'est une composante comme une autre du management de l'entreprise.