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L’équipe de Felfel à Zurich. A droite, le frigo que la société loue aux entreprises et remplit chaque nuit.
© DR

Alimentation

Les frigos connectés débarquent à Lausanne

La start-up zurichoise Felfel veut offrir de la nourriture saine aux employés. Elle ouvre ces jours une antenne à Lausanne. Près d’une centaine d’entreprises ont recours à ses services

Dans les bureaux de Comparis ce matin, c’est la «ruée» vers le frigo Felfel. «C’est normal, on vient de leur installer l’appareil hier», explique Anna Grassler, responsable des partenariats avec les entreprises chez Felfel, regardant l’écran de contrôle qui donne des informations en temps réel sur les produits consommés. Après trois Bircher müesli chez le comparateur en ligne, c’est dans le frigo Felfel installé chez UBS que des employés viennent se servir. «Cela nous permet de savoir ce que les gens aiment, de gérer les stocks de façon optimale et de préparer les livraisons pour demain», poursuit Anna Grassler.

Sur l’écran d’à côté, on voit les produits les plus prisés du matin. Il est 9h50, mais, dans plusieurs entreprises, certains collaborateurs sont déjà venus se servir pour le repas de midi. «Parfois, parce qu’ils commencent tôt. Parfois, parce qu’ils ont vu le menu du jour et se précipitent pour être sûrs que leur plat préféré ne disparaisse pas!» explique Anna Grassler. L’écran de contrôle est aussi l’occasion de tuer un mythe depuis que Felfel compte des clients des deux côtés de la Sarine: «Non, les Romands n’arrivent pas plus tard au travail, vu les heures auxquelles ils viennent se servir dans les frigos», sourit la responsable.

Un couple aux commandes

Felfel a lancé ses activités à l’automne 2014. Son fondateur, Emanuel Steiner, un Zurichois ayant des origines iraniennes et ayant en partie grandi aux Etats-Unis, était de plus en plus frustré des options possibles pour se nourrir lorsqu’on est employé, soit en dehors, soit à l’intérieur des entreprises. «Tout était soit cher, soit pas pratique, soit pas varié, soit pas sain», explique-t-il. Il se lance d’abord seul, avant d’être rejoint par sa femme, Daniela Steiner, qui a vendu sa propre entreprise, le fabricant de jus Heylife, l’an dernier puis par une équipe de vendeurs et de développeurs, qui ont tous en commun une passion sans limite pour la nourriture.

Felfel – qui signifie «piment» en farsi – installe des frigos dans les entreprises, qui sont remplis tôt le matin de produits frais. La société sera rentable cet été, assure Emanuel Steiner. Felfel, basée à Binz, près du centre de Zurich, compte 22 employés et espère en recruter 9 de plus d’ici à la fin de l’année. Parmi les nouveaux venus, Romain Pasche a été engagé pour développer les partenariats avec la Suisse romande depuis Lausanne, première antenne hors de Zurich. Pour l’heure, Felfel compte près d’une centaine d’entreprises clientes, pour un total de plus de 11 000 employés. La cadence s’est encore accélérée depuis début juin, lorsque Felfel a fait partie des trois jeunes entreprises primées par le Swiss Economic Forum. Mais la plupart se trouvent en Suisse alémanique, à l’exception d’un peu plus d’une dizaine dont Nestlé et Nespresso.

Après Lausanne, l’Allemagne

Tout est local. Même le meuble, en bois, qui encadre les frigos est fabriqué à Seefeld, un quartier de Zurich. Surtout, chaque producteur dont les aliments finissent dans un frigo Felfel est connu et sélectionné scrupuleusement à travers la Suisse. «Nous les connaissons tous et nous en testons plusieurs avant de décider.» Un exemple? Felfel a testé une cinquantaine de chocolatiers avant de se décider pour le genevois Favarger. Certains produits sont également exclusivement produits pour Felfel. Pour les repas, les menus changent chaque semaine, mais les chefs, une petite dizaine, sont les mêmes. Un exemple cette semaine? Les nouilles au poulet sauce satay ou les lentilles avec carottes au four. Les repas coûtent entre 8 et 12 francs. Les snacks commencent à 1,50 franc.

L’entreprise compte moins sur le prix des produits que sur la location des frigos pour faire ses marges. Elle ne donne toutefois pas de montant, qui dépend en partie de ce que l’entreprise met pour subventionner les produits consommés par ses employés.

Exploiter les données avec précaution

Felfel compte aussi sur une équipe de développeurs. Chaque transaction est enregistrée. L’employé doit avoir un badge pour ouvrir le frigo et scanne ensuite le produit qu’il va consommer. De quoi connaître les préférences et cibler les produits? «On travaille sur une façon d’alerter l’employé quand son plat préféré est au menu. Mais il faut être prudent: certains peuvent trouver cela intrusif», précise Daniela Steiner.

Après Lausanne, Felfel s’attaquera au marché allemand. Mais, là, beaucoup sera à construire: «L’infrastructure technologique est là, mais il faudra créer un réseau de partenaires locaux», explique Daniela Steiner.

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