Frontaliers: les patrons ne veulent pas de contingents

Libre circulation L’Union patronale suisse rappelle l’importance des accords bilatéraux

Les frontaliers et les citoyens de l’espace UE/AELE au bénéfice d’un permis de séjour de douze mois ou moins ne doivent pas être contingentés. Président de l’Union patronale suisse (UPS), Valentin Vogt a rappelé à l’occasion de la Journée des employeurs, jeudi à Berne, la nécessité d’une mise en œuvre souple de l’initiative populaire sur l’immigration. «Je le redis très formellement: ce serait une belle preuve d’insouciance de faire une croix sur les accords bilatéraux sans solution de rechange», déclare-t-il à l’intention de ceux qui reprochent à l’économie «de ne pas professer clairement son attachement à ces accords».

Ceux-ci ont apporté à la Suisse bien davantage que l’accord de libre-échange de 1972. Ils embrassent un spectre politique plus large que ce dernier, car ils ont permis d’introduire des avantages tels que «la reconnaissance mutuelle des prescriptions techniques, les marchés publics, l’octroi réciproque de droits de trafic aérien ou d’autres accords de coopération», insiste Valentin Vogt.

«Traitement pragmatiquede la préférence nationale»

Il rappelle que les organisations économiques, à l’exception de l’Union suisse des arts et métiers (USAM), militent en faveur d’une clause de sauvegarde qui autoriserait le Conseil fédéral à «définir chaque année une valeur seuil d’immigration nette au-delà de laquelle un système de contingentement se met en place». Toutefois, les frontaliers et les permis de séjour d’une durée de douze mois ne doivent pas être inclus dans ces quotas.

L’UPS plaide encore pour un «traitement pragmatique de la préférence nationale». Celle-ci doit être prise en compte dans la fixation des seuils et des contingents. Afin d’éviter de devoir prononcer des quotas, la promotion de la main-d’œuvre indigène, notamment les seniors, les femmes et les jeunes, doit être intensifiée, poursuit Valentin Vogt.

Nomination d’un négociateur en chef saluée

Il salue la nouvelle orientation donnée par le Conseil fédéral aux négociations prévues avec l’UE. La nomination d’un négociateur en chef pour tous les dossiers ouverts va dans le sens des revendications des patrons, précise-t-il. De son côté, le président de la Confédération des associations patronales allemandes, Ingo Kramer, présent à l’assemblée, insiste lui aussi sur l’importance de la libre circulation des personnes. «Il est juste et important que l’UE souligne toujours le fait que la libre circulation des travailleurs est un pilier central du marché intérieur européen. Mais l’UE doit aussi prendre en compte le fait que l’immigration en Suisse est largement supérieure à celle des Etats membres de l’UE», analyse-t-il.