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nucléaire

Ce que Fukushima a changé hors de Suisse

La Suisse est le seul pays qui a totalement réorienté sa politique de l’énergie après le tsunami japonais

La catastrophe de Fukushima a renforcé les décisions politiques prises préalablement en Allemagne de sortir progressivement du nucléaire, et celles de l’Autriche et de l’Italie de renoncer à produire ce type d’énergie. La Suisse est cependant le seul pays pour lequel le tsunami japonais a fait subitement changer de cap sa stratégie de production d’électricité.

En Allemagne, la décision de sortir du nucléaire avait été prise avant la catastrophe de Fukushima. Mais les événements au Japon ont provoqué l’accélération de l’arrêt des réacteurs qui fournissaient, début 2011, 22% de la production d’électricité du pays. 17 réacteurs étaient en exploitation en mars 2011 et il était question, avant les événements de Fukushima, de prolonger leur arrêt progressif au-delà de 2023. Huit réacteurs, qui étaient en arrêt provisoire pour révision il y a un an, n’ont jamais été remis en service. Les neuf autres seront progressivement arrêtés d’ici à 2022. Cette chute brutale de la production d’électricité nucléaire n’est pas immédiatement compensée par des énergies renouvelables, ce qui provoque la construction de centrales à gaz et de treize nouvelles centrales au charbon. L’Allemagne, qui était le plus gros exportateur de courant d’Europe à cause de la forte croissance de l’énergie éolienne, doit aujourd’hui importer du courant lorsque les conditions météorologiques ne sont pas favorables.

L’Autriche est pionnière de la sortie du nucléaire en Europe. En 1978, alors qu’allait être inaugurée la première centrale nucléaire du pays, située à 30 km à l’ouest de Vienne, une votation populaire décrétait le renoncement à l’énergie nucléaire. Les nouvelles éner­gies renouvelables représentent aujourd’hui un tiers de la consommation autrichienne. De l’énergie hydraulique et des centrales à gaz font l’appoint, alors que l’énergie nucléaire importée représente 6% de la consommation.

En France, 58 réacteurs, base de la politique énergétique du pays, sont actuellement en service. Les événements de Fukushima n’ont pas modifié l’attitude des autorités face à cette technologie considérée comme un secteur industriel également tourné vers l’exportation. «Il n’est pas question de fermer cette centrale», a martelé, le 9 février dernier, le président Nicolas Sarkozy à Fessenheim (Alsace), face aux opposants du plus ancien site nucléaire de l’Hexagone.

L’Italie, qui base son approvisionnement sur des importations massives d’électricité via la Suisse et sur des centrales à gaz, avait renoncé aux centrales nucléaires plusieurs années avant la catastrophe de Fukushima. Silvio Berlusconi avait annoncé son intention de reprendre la filière nucléaire, mais sa démission, en novembre 2011, ajoutée aux événements de Fukushima, a anéanti les chances d’un redémarrage du nucléaire.

Nouvelles centrales

Les Etats-Unis, qui disposent de pétrole et d’énormes quantités de gaz de schiste, n’ont pas tourné le dos au nucléaire. Le 10 février, la Commission de régulation du nucléaire a donné son feu vert, pour la première fois depuis 1978, à la construction de deux réacteurs de la nouvelle génération, dans l’Etat de Géorgie, pour quelque 14 milliards de dollars. La Chine et l’Inde seront les principaux constructeurs de centrales nucléaires ces prochaines années afin d’accompagner leur croissance économique. La catastrophe de Fukushima ne remet pas en question leur stratégie.

Demain: la perception des antinucléaires japonais

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