Tabac

Quand la fumée devient compliquée

Brûlée, chauffée, liquéfiée ou même sucée. La nicotine vit la plus grande transformation industrielle de son histoire controversée. Mais les nouveaux produits progressent plus vite que la réglementation… et que les habitudes des consommateurs

Mettre de l’ordre et apporter de la clarté. Philip Morris (PMI) et British American Tobacco (BAT) ont chacun de leur côté, et avec le même objectif, donné rendez-vous aux représentants de la presse suisse au cours du mois de novembre. Japan Tobacco (JTI), la troisième multinationale du tabac présente sur le sol helvétique, est, elle, occupée à gérer un conflit ouvert avec les 260 employés de son siège de Genève concernés par son plan de restructuration.

Longtemps mono-thématique, le marché de la cigarette, ou plutôt des produits nicotiniques, comme on les appelle désormais, est devenu labyrinthique. Des dizaines de nouveautés présentées comme moins nocives, ou comme aides à l’arrêt de la fumée, ont envahi les kiosques et les bureaux de tabac. Cette mutation force les industriels à changer de métier. Mais elle oblige aussi les régulateurs à décider vite, et si possible bien, comment légiférer autour des cigarettes chauffantes et électroniques. Les consommateurs, eux, ne savent plus à quel inhalateur se vouer. Et cette confusion a encore été renforcée par la récente épidémie de maladies pulmonaires aux Etats-Unis.