Admettons que, sans être millionnaire, vous ayez quelques économies à placer. Intuitivement, vous savez que personne ne déroulera le tapis rouge devant vous. La solution? Hormis le carnet d'épargne, ce sont les fonds de placement. Mais lequel choisir s'il y en a plus de 2000 sur le marché suisse. Et où? Chez votre banquier? Vous vous en méfiez: il va sans doute essayer de vous vendre les seuls produits de son établissement. Chez un intermédiaire? Vous n'en connaissez aucun et n'avez pas envie de vous faire rouler par le premier venu. A La Poste? Là, il n'y a pas assez de choix! Reste Internet, où vous pouvez espérer vous renseigner de manière anonyme. Et, si vous ne voulez qu'un conseil en ligne, gratuit et sans engagement, une solution existe: FundStreet.com.

Depuis avril 2000, ce site indépendant permet en effet au petit investisseur d'obtenir, selon ses indications sur son profil d'investissement et ses moyens financiers, un conseil succinct sur un portefeuille diversifié de base. C'est un programme informatique qui trie, selon des critères précis, parmi les 1900 fonds de la base de données de Lipper en Suisse. S'il le désire, le client en ligne peut ensuite contacter une banque, la sienne ou des établissements partenaires de FundStreet.com: «FundStreet n'est en effet qu'un intermédiaire!» assure son directeur général, Herbert Kahlich. En tout cas, la formule semble fonctionner. Depuis qu'ils se sont lancés, Herbert Kahlich et ses partenaires enregistrent sur leur site une moyenne de 80 demandes quotidiennes de conseils en investissement par les fonds de placement.

«C'est tout à fait dans nos objectifs», explique Herbert Kahlich. Pour lui, cette activité dite de «B2C» – de «business to consumer», ou d'entreprise au client – ne doit pas être le fonds de commerce de FundStreet.com. Elle ne représente d'ailleurs que 20% de son chiffre d'affaires actuel. Mais le site Internet, d'un abord très simple même s'il n'est pas encore en français, donne un conseil de base automatisé simple et précis, fondé sur le profil et une analyse virtuelle du profil de risque de l'internaute. Qu'il soit ou non suivi d'un ordre effectif à l'une ou l'autre des banques partenaires de l'entreprise n'est pas l'essentiel. Certes, Herbert Kahlich estime que 2% environ des demandes de conseil en ligne sont concrétisées. Mais ce qui compte surtout, c'est que ce conseil virtuel permette le développement des affaires «B2B», d'entreprise à entreprise, de sa société.

En neuf mois, FundStreet.com a en effet créé sept plates-formes Internet dédiées aux fonds pour des établissements financiers. Celui qui consulte en ligne la gamme des produits de AIG, de l'intermédiaire AWD, de Deutsche Asset Management, de la BEC à Genève ou encore ceux de Maerki Baumann AG, auxquels s'ajoutent l'allemand T-Online et une grande assurance suisse, débouche sans le savoir sur la plate-forme de FundStreet. «En 2001, nous allons signer avec une quinzaine d'autres établissements», explique Herbert Kahlich. Selon ce dernier, il y a une raison essentielle à ces progrès. Surfant sur la vague du développement de la distribution de produits de tiers, FundStreet.com est aujourd'hui encore la seule plate-forme Internet de conseils en fonds de placement qui soit indépendante et offre un conseil neutre, même si c'est la machine qui le prodigue. Pour faire un premier choix de fonds, le particulier ou le gestionnaire indépendant, qui cherchent des fonds de tiers, n'ont pas à craindre un filtre bancaire qualitatif et quantitatif autre que celui de la machine…

FundStreet.com, qui veut investir 30 millions en cinq ans dans le développement de ses affaires, devrait être rentable au plus tôt en 2002. En attendant, l'entreprise veut s'étendre en Allemagne et en Autriche. Elle va aussi pousser l'analyse qualitative des fonds, qui lui fait grandement défaut en ce moment, se mettre «à l'écoute des gérants» et étendre ses prestations d'intermédiation aux fondations d'investissement pour toucher les caisses de pension. Enfin, FundStreet.com veut capitaliser sur la part de 10% à 15% du marché suisse du B2B dans le conseil online des fonds de placement qu'elle devrait avoir selon Herbert Kahlich. Gagnant sa vie avec les rétrocessions sur les parts de fonds vendues via son intermédiaire et sur les cessions de licence, la société envisage en effet de franchiser son expertise.