Deux cent quarante collaborateurs licenciés. La société TDC Suisse SA, issue de la fusion entre diAx et sunrise, a annoncé lundi une première vague de suppressions d'emplois. Une mesure qualifiée d'«inéluctable» par la direction, liée aux doublons et aux surcapacités résultant du rapprochement des deux entités. D'ici à la fin de l'année, le nouvel opérateur entend réduire son effectif de 2500 à 2000 employés. Ainsi, 20% des emplois devraient passer à la trappe. L'entreprise explique «chercher toutefois, dans la mesure du possible, à utiliser les fluctuations naturelles du personnel».

Du côté des employés, le Syndicat de la communication fait part de ses craintes. On s'insurge contre «la solution choisie, estimant qu'elle montre à l'évidence que la concurrence effrénée dans le domaine se manifeste au détriment du personnel». Selon un porte-parole du syndicat, la convention de départ décrite comme généreuse par le nouvel opérateur est «tout à fait insuffisante». Cet accord remplace un plan social, mais il est contraire aux directives de la branche inscrites dans la loi, a-t-il estimé.

Les licenciements prendront effet principalement dans les centres d'appel – Call Centers. En Suisse romande, 30 personnes seront congédiées et cinq au Tessin. Dans la région de Berne/Bienne, 35 personnes devront partir et dans la région zurichoise, environ 170. Les cinq centres d'appel existant resteront toutefois en place.

Le rapprochement des deux opérateurs de téléphone diAx (réseau de téléphonie mobile) et sunrise (réseau fixe et Internet) remonte au 13 novembre dernier. A la veille des enchères pour l'attribution de licences de téléphonie mobile de troisième génération (UMTS, Universal Mobile Telecommunications System), l'opérateur danois Tele Danmark – qui contrôlait déjà 44% du capital de sunrise – avait déboursé 3,5 milliards de francs pour détenir 89% de sunrise et 70% de diAx. Cette fusion, acceptée à la dernière minute par les actionnaires, avait complètement bouleversé la donne dans le cadre de la mise aux enchères des licences UMTS.

En effet, suite à ce rapprochement, quatre opérateurs pour autant de licences restaient en lice, à savoir: sunrise/diAx (Tele Danmark), Orange (France Télécom), Team 3G (Telefonica) et Swisscom (associé à Vodafone). L'annonce de la fusion ajoutée au retrait de cinq candidats avait remis en cause les règles définies pour l'attribution des licences.

Après examen, la Commission de la communication, responsable des enchères, avait cependant confirmé que la vente devait être effectuée selon les règles précédemment prévues. Ainsi le 6 décembre 2000, le résultat des enchères – réalisées sur Internet – n'a surpris personne: les quatre candidats ont obtenu chacun une licence. La mise aux enchères n'a rapporté que 205 millions de francs à la Confédération, soit 5 millions de plus que la mise de départ, chaque candidat ayant payé 50 millions par licence, à l'exception d'Orange offrant 55 millions de francs.

Suite à la fusion, les dirigeants ont tout d'abord annoncé à la fin janvier leur nouvelle stratégie, communiquant leur volonté d'agir sous le nom de Sunrise.

Pertes non chiffrées

Au niveau de l'actionnariat, Tele Danmark dispose actuellement de 78,5% de la nouvelle société, le reste du capital étant détenu à hauteur de 16,6% par diAx Holding (Entreprise d'électricité, Suisse de Ré et Winterthur), à 2,6% par les CFF et à hauteur de 2,1% par UBS. Actuellement, aucune division ne dégage de bénéfice. D'ici à 2004, estime Kim Frimer, CEO de TDC Suisse SA (depuis mi-décembre), la nouvelle société doit afficher des chiffres noirs. Dans deux ou trois ans, elle devrait même entrer en Bourse.

Le patron de TDC Suisse SA n'a toutefois pas chiffré les pertes actuelles de la société. Il n'a fait également aucune mention des coûts de la restructuration annoncée lundi.