BANQUES

La fusion UBS-SBS est officiellement autorisée

La Commission de la concurrence autorise la fusion de l'UBS et de la SBSsous quatre conditions ayant trait au réseau de vente, aux infrastructures bancaires et aux crédits aux petites et moyennes entreprises

Comme le roi Salomon, la Commission de la concurrence a tranché. Lundi, elle a autorisé la fusion de l'UBS et de la SBS. Elle l'a assortie de quatre «charges importantes». La nouvelle banque cédera à un tiers, suisse ou étranger, 25 points de vente bancaires de détail répartis dans le pays selon des critères linguistiques et régionaux. Elle devra aussi vendre la Banca della Svizzera Italiana (BSI), la Banque de Soleure (ex-Banque Cantonale de Soleure) et une entreprise de services informatiques, Bosslab SA. Elle devra continuer à participer aux institutions communes du système bancaire suisse. Enfin, elle maintiendra jusqu'en 2004 les crédits commerciaux d'un montant cumulé maximum de 4 millions. Selon Pierre Tercier, président de la commission qui commentait hier ces décisions, «l'UBS a contesté les conclusions, notamment l'analyse de la concurrence, mais a décidé d'accepter les charges». La fusion est ainsi chose faite.

Le jugement de la Commission de la concurrence était certes attendu. Il ne concerne pourtant que le marché national. Une précédente décision avait en effet autorisé la concentration au plan international. La mesure la plus symbolique concerne le réseau bancaire de détail. Une fiduciaire sera mandatée par l'UBS pour sélectionner puis vendre aux enchères, d'ici au 31 mars 1999, un «paquet» de 25 à 30 agences ou filiales choisies dans une liste de 35 points bancaires. Ceci s'ajoute aux 150 sites qui seront fermés de toute façon. Les critères de sélection sont certes géographiques et linguistiques. Ces points bancaires devront ainsi être situés dans les huit régions (les deux Bâles, Neuchâtel, Valais, Saint-Gall, Appenzell, Tessin, Genève et Soleure) où la nouvelle banque détient plus de 40% du marché des crédits commerciaux inférieurs à 2 millions de francs. Mais il faudra aussi respecter d'autres exigences plus financières.

«Nous permettons ainsi à un nouvel acteur bancaire de s'installer sur le marché suisse dans de bonnes conditions de prix pour y animer la concurrence», relève Pierre Tercier. Sans exclure que ce soit un étranger ni qu'il puisse racheter aussi la BSI, une banque privée avec 35 milliards d'actifs sous gestion que l'ex-SBS avait reprise au groupe Unigestion il y a quelques années. Un tel paquet ferait d'ailleurs du sens: un réseau de détail, même avec 25 points bien répartis, n'est rien en Suisse sans un soutien structurel venu de la gestion de fortune. D'autant que la vente de la société de services informatiques Bosslab à l'acquéreur des points bancaires vient comme la cerise sur le gâteau. Enfin, les banques cantonales pourraient s'intéresser à la Banque de Soleure, reprise en catastrophe par la SBS mais épurée depuis de ses problèmes de crédit.

Soutien des infrastructures

Les autres mesures de la Commission de la concurrence peuvent a priori ressembler à ce que son vice-président Roger Zäch appelle «un atterrissage en douceur» pour l'UBS. Elles sont tout aussi symboliques. Ordre est ainsi donné à la nouvelle banque de ne pas laisser tomber financièrement les infrastructures communes aux banques du pays. D'aucuns se demandaient effectivement si Telekurs, la SEGA ou la centrale de clearing l'intéressaient encore étant donné sa taille et ses ambitions internationales dans les activités de back office. La commission agit là à titre préventif pour permettre au système bancaire et à son association faîtière notamment, de réfléchir à de nouvelles solutions.

Enfin, la mesure sur les crédits commerciaux cumulés inférieurs à 4 millions aura une portée psychologique certaine. Proposée par l'UBS elle-même, selon Roger Zäch, elle concerne avant tout les PME qui pouvaient se sentir menacées par la nouvelle banque. Mais les services de Pierre Tercier ignorent quelle est la part de ces crédits cumulés dans les 202 milliards de francs de crédits accordés par la nouvelle UBS en Suisse. Quant aux PME dont les crédits cumulés sont supérieurs à 4 millions, elles se situent selon Pierre Tercier et Roger Zäch «dans un autre contexte».

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