Economie

Fusions - Acquisitions. L'Italie s'offre un géant bancaire, et le private equity fond sur l'énergie

Les principales transactions du mois en Europe et aux Etats-Unis.

Dans une Italie qui assume un protectionnisme non dissimulé de son secteur bancaire, «l'italianité» a triomphé à la fin du mois d'août. Les deuxième et troisième banques du pays ont annoncé leur fusion le 25 août. Banca Intesa et SanPaolo IMI ont procédé par échange d'actions. Intesa a émis 3,115 nouvelles actions pour chaque action SanPaolo IMI. Le ratio d'échange valorise SanPaolo à 29,6 milliards d'euros, sur la base du prix de clôture d'Intesa du 25 août, selon Mergermarket, fournisseur indépendant de recherche en fusions et acquisitions. Les actionnaires de SanPaolo IMI représenteront 49,26% du capital-actions de la nouvelle entité.

Avec cette combinaison, l'Italie gagne un nouveau champion sur le marché domestique, avec un portefeuille de prêts à la clientèle de plus de 320 millions d'euros, et des avoirs sous gestion de 220 milliards d'euros. La présence du nouveau groupe se trouve renforcée en Europe centrale, où les deux banques ont des activités complémentaires, selon Mergermarket. Cette fusion devrait générer un coût de restructuration de 1,5 milliard d'euros, puis dès 2009 des synergies annuelles de 1,3 milliard avant impôts.

La transaction italo-italienne succède à l'épisode mouvementé en Italie de l'entrée d'ABN Amro et de BNP Paribas sur le marché bancaire italien. Les géants néerlandais et français ont provoqué des remous politiques et des interventions de la Banque d'Italie, qui ont provoqué un scandale dans la Péninsule. Leurs acquisitions controversées respectivement de Banca Antonveneta et de Banca Nationale di Lavoro ayant finalement abouti, le gouverneur de la Banque d'Italie Antonio Fazio a été poussé à la démission.

Les acheteurs du monde du capital-investissement sont toujours aussi actifs. Et ils s'intéressent aux produits surgelés. Après le rachat de Findus par Capvest, c'est au tour de la branche surgelés d'Unilever d'être avalée par le fonds de private equity Permira fin août, pour un montant de 1,7 milliard d'euros. La fin du mois d'août a aussi vu une opération majeure de LBO (Leveraged Buy Out, ou rachat financé par la dette), bien que discrète et peu médiatisée. Kinder Morgan, l'une des plus importantes sociétés américaines de transport d'énergie, a été rachetée par sa direction, dont le fondateur Bill Morgan, aux côtés d'autres membres de la direction et de fonds de private equity, dont le géant Carlyle, pour un total de 21 milliards d'euros. Le prix offert représente une prime de 27,35% sur le prix d'avant la «préannonce», qui avait eu lieu le 26 mai dernier. La prime s'est réduite à 5,7% par rapport à l'offre définitive du 25 août. Le deal a été financé grâce à une combinaison de fonds propres apportés par la direction et les fondateurs, tandis que le financement par la dette est assuré par les plus grandes banques d'affaires: Goldman Sachs, Citigroup, Deutsche Bank, Wachovia et Merrill Lynch. Kinder Morgan sera décotée de la Bourse début 2007. Ce groupe basé au Kansas exploite directement ou en participation près de 70000 kilomètres d'oléoducs et de gazoducs en Amérique du Nord. Il gère également plus de 150 terminaux de stockage de pétrole, gaz et charbon, et livre du gaz naturel à quelque 1,1 million d'abonnés. Il emploie près de 8500 personnes et son chiffre d'affaires annuel atteint 4,7 milliards.

Le secteur européen des télécoms a vu une transaction interne d'importance. Belgacom a annoncé qu'elle rachetait à Vodafone la part de 25% qu'elle ne détenait pas encore dans Belgacom Mobile, sa filiale mobile cotée sous le nom de Proximus. Le géant des télécoms britannique a cédé cette part pour 2 miliards d'euros.

Selon Mergermarket, Proximus bénéficie d'une position de cash nette de 1,4 milliard d'euros. La consolidation de la filiale mobile s'inscrit dans la stratégie de Belgacom de répondre à la convergence accrue par des solutions pleinement intégrées pour ses clients. Proximus conserve un partenariat avec Vodafone, qui permettra d'offrir des services tels que Vodafone Live! et Blackberry sur Vodafone, ainsi que le roaming international. Vodafone, qui déconsolidera les 25% de Proximus fin 2006, utilisera le produit de la vente pour réduire son endettement.

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