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Le futur directeur de Novartis, Vasant Narasimhan, devra concrétiser les promesses de Joe Jimenez quant au retour à la croissance du chiffre d’affaires.

Pharma

Qui est le futur directeur de Novartis?

Joe Jimenez, sur le départ, sera remplacé par le directeur du développement des médicaments. Entré au laboratoire bâlois il y a 12 ans, Vasant Narasimhan doit relancer les ventes du groupe

Novartis change de tête. Son directeur Joseph Jimenez (57 ans) quittera ses fonctions fin janvier 2018, après près d’une décennie à la tête du géant pharmaceutique bâlois, a annoncé le groupe lundi matin dans un communiqué. «Un directeur général ne devrait pas rester plus de huit années à son poste», a justifié celui qui a été nommé patron de Novartis en 2010. Actuel directeur mondial du développement des médicaments et médecin-chef, Vasant Narasimhan prendra la direction opérationnelle du groupe dès le 1er février 2018.

D’origine indienne mais de citoyenneté américaine – comme Joe Jimenez –, Vasant Narasimhan est entré à Novartis en 2005. Aujourd’hui âgé de 41 ans, «Vas» (son surnom à l’interne) a vite gravi les échelons jusqu’à prendre la tête du développement des médicaments en 2010, sous l’aile de l’ancien directeur général Daniel Vasella. En 2015, le magazine Fortune l’intégrait à sa liste des personnes de moins de 40 ans les plus influentes au monde.

Accélérer la commercialisation

Vasant Narasimhan s’est prononcé plusieurs fois, dans la presse, en faveur d’une meilleure utilisation de la technologie et des outils d’analyse prédictive pour accélérer le passage entre recherche et commercialisation des médicaments. Novartis, qui a obtenu la semaine dernière l’autorisation des autorités américaines pour lancer un nouveau traitement contre la leucémie (475 000 dollars par patient, soit 454 000 francs), avait été critiqué pour avoir raté un virage dans les immunothérapies contre le cancer, et les milliards de revenus qui en découlent.

«Vas est profondément ancré dans les sciences médicales», a souligné Joerg Reinhardt, président du conseil d’administration du laboratoire bâlois, dans un communiqué. Médecin de formation, le futur directeur de Novartis est aussi titulaire d’une maîtrise en politique publique de Harvard et d’une licence en biologie de l’Université de Chicago. «Il a une expérience significative dans la gestion de l’interface entre recherche et développement d’une part et les unités commerciales d’autre part, tout en ayant un bon sens des affaires avec un exceptionnel bilan de réalisations», a énuméré Joerg Reinhardt.

L’option de la continuité

Le changement de tête chez Novartis ne devrait pas impliquer un changement de cap dans la stratégie du groupe, ont souligné en téléconférence les dirigeants du groupe, qui prévoient une «transition en douceur». Joe Jimenez restera encore au sein du groupe pharmaceutique jusqu’à fin août en qualité de conseiller pour le conseil d’administration.

Après la fusion en 1996 de Ciba-Geigy et Sandoz (à l’origine de Novartis), sous le mandat de Daniel Vasella, la préoccupation de Joe Jimenez a davantage porté sur un recentrage des activités de Novartis, notamment autour des traitements anticancéreux et de la division des médicaments génériques de Sandoz. Un travail que devrait poursuivre le futur directeur général, relève un analyste de la banque Vontobel. Du côté de Morgan Stanley, on souligne le parcours et l’expertise de «Vas», rappelant qu’il s’est «fait progressivement remarquer par les investisseurs ces derniers trimestres», écrit l’analyste Vincent Meunier.

«Le monde a changé»

Un enthousiasme qui n’est pas partagé par tous les spécialistes. «Il reste encore à démontrer que la stratégie est bien en place et que Novartis peut réaliser son ambition de faire croître son secteur pharma, malgré l’expiration de ses brevets, temporise l’analyste d’UBS Michael Leuchten. Novartis fait encore face à des difficultés commerciales. Le monde a changé.»

Le produit phare du laboratoire bâlois, le Glivec – un traitement contre le cancer du sang –, fait face à une concurrence toujours plus vive de la part des alternatives génériques. Conséquence: Novartis a enregistré plusieurs résultats financiers décevants avec une stagnation de son chiffre d’affaires à 48,5 milliards de dollars en 2016. Lundi, en fin d’après-midi, l’action affichait un recul de 1% à 80,05 francs. Soit quelque 20% de moins que lors du pic de 2015. D’autre part, l’unité ophtalmologique de Novartis, Alcon, (valorisée entre 25 et 35 milliards de dollars) est toujours en redressement. Il reviendra au nouveau directeur de trancher quant à une éventuelle cession de la division.

Dans une récente interview, Joe Jimenez anticipait un retour de la croissance des ventes pour 2018 déjà. Vasant Narasimhan sait à quoi s’en tenir, lui qui prendra la direction du groupe après la publication des résultats annuels 2017, fin janvier.

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