Moins d'un mois après l'annonce de leur mariage, la Société Générale et Paribas ont révélé hier les objectifs du futur groupe. Le futur SG Paribas dont le profit était en 1998 de 2,1 milliards d'euros veut le porter à 3,3 milliards (5,3 milliards de francs) en 2001 et parvenir à une rentabilité des fonds propres de plus de 15% (après impôts) contre 11,4% l'an dernier. Il compte assurer aux actionnaires une croissance de plus de 15% par an du bénéfice net par action (BNPA) sur trois ans.

Réduction des frais

Les synergies entre les deux établissements devraient générer une réduction de 800 millions d'euros des frais généraux, avec deux effets antagonistes sur le produit net bancaire (PNB), l'un positif de 115 millions d'euros, grâce aux synergies commerciales, l'autre négatif de 150 millions, en raison des doublons. L‘économie de fonds propres sera, quant à elle, de 1,2 milliard d'euros.

Sur la charge prévue de restructuration pour fusion d'un milliard d'euros, SG Paribas a indiqué hier que 40% (soit 2,6 milliards de francs français) seraient consacrés à «l'adaptation» des ressources humaines, 40% à la mise en commun des infrastructures et 20% aux frais annexes (fiscalité, consultants…).

SG Paribas va aussi modifier l'allocation des fonds propres par métiers. Ainsi, la banque d'investissement et de financements qui accapare actuellement plus de 45% des 18,2 milliards d'euros (29 milliards de francs) de fonds propres du groupe, devrait voir sa part redescendre sous les 40% en 2001. A l'inverse la Banque de détail, les services financiers spécialisés et la gestion d'actifs et services bancaires, vont dans le même temps passer de 39% à 46,7% des fonds propres dont 24,4% visés en 2001 (contre 21,4% aujourd'hui) pour la seule banque de détail.

Sur les services financiers spécialisés, SG Paribas compte mettre l'accent sur les synergies, la mise en commun des moyens et la mise en place de plates-formes de traitement unifiées, le développement des partenariats et l'international, où les encours devront peser 40% du total dans trois ans, contre 21% actuellement. Pour la gestion d'actifs et les services bancaires, SG Paribas devient le dixième mondial avec un total de 163 milliards d'euros sous gestion. Il vise une croissance de 15% par an et veut se renforcer aux Etats-Unis. Avec Cardif et Cortal mais aussi la conservation et la banque de flux, cet ensemble devrait dégager en 2001 quelque 600 millions d'euros (environ un milliard de francs) de résultat net.

Pour la banque d'investissement et de financements, à peine à l'équilibre en 1998, l'objectif de rentabilité sur fonds propres est de 13% dans trois ans, soit respectivement de 15 et 12% pour les parties investissement et financements. Quant au pôle Participations, qui représente à lui seul la moitié des résultats du groupe, l'accent sera mis sur la poursuite de l'allégement du portefeuille industriel, avec une réduction d'un quart d'ici 2001, et le renforcement des opérations de capital investissement en Europe et aux Etats-Unis. D'où l'objectif d'une contribution récurrente de cette activité aux résultats de +600 millions d'euros par an.