Le futur incertain de l’exception suisse

La SSR l’avoue: diffuser la Coupe du monde, l’Euro ou les Jeux olympiques lui fait perdre de l’argent. Les rentrées publicitaires, durant ces périodes de grande audience, ne suffisent pas à compenser le montant investi dans les droits de diffusion.

Pourtant, la SSR continue à acheter tous azimuts. Service public oblige, justifiait dans nos colonnes le patron du sport, Urs Leutert, à la veille des Jeux de Sotchi. Dans un communiqué, la semaine dernière, la SSR se félicitait mais s’inquiétait aussi. D’un côté, elle constate qu’elle est un média financé par la redevance dont l’offre sportive est l’une des plus importantes au monde. De l’autre, la privatisation des événements sportifs, qui fait grimper leurs prix, fait craindre «un démantèlement de l’offre des stations publiques».

Si les grands rendez-vous internationaux et les compétitions qui ont lieu en Suisse (Athletissima, tournoi ATP de Bâle, descente de ski du Lauberhorn…) devraient continuer à être visibles en libre accès, le futur est moins clair pour les sports dans lesquels brillent les Suisses.

Si Roger Federer, Stanislas Wawrinka (tennis) ou Thomas Lüthi (motocyclisme) n’ont pas de dignes successeurs, il n’est pas exclu que la SSR laisse un jour la place aux chaînes payantes proposées par Swisscom TV, UPC Cablecom ou d’autres câblo-opérateurs régionaux. Dans cet univers, Swisscom TV est par ailleurs la seule à vendre des matches ou des courses à la demande