Le G20, réuni à Londres ce jeudi, rend populaire une matière recyclable, le bois. Plusieurs commerces ont barricadé leur vitrine. «On fait ça à cause de la manif de demain», s’amusent, clous à la bouche, un employé de ce bar à champagne situé à quelques enjambées de la Banque d’Angleterre, au cœur de la capitale britannique. Voilà qui n’est pas sans rappeler Genève à l’heure du G8.

La mode du recyclable s’arrête pourtant là. Mardi, le Forum économique mondial (WEF) et Greenpeace ont, chacun à leur manière, demandé à la vingtaine de chefs d’Etat de s’engager sur la voie du développement durable. Le long projet de communiqué qui a filtré ces derniers jours ne mentionne qu’une fois le mot «environnement» et deux fois celui de «carbone».

Hier matin, à Londres, le WEF a envoyé aux dirigeants du G20 une lettre qui répondait à une demande formulée par le premier ministre britannique Gordon Brown à Davos en janvier dernier. Signé par 52 entreprises, dont Swiss Re, et par une trentaine d’experts, dont le spécialiste du climat Nicholas Stern, le texte suggère des pistes pour préparer un monde «pauvre en carbone» et ainsi préserver l’environnement.

L’emploi constitue bien la préoccupation «immédiate» des responsables du G20, reconnaît Richard Samans, du WEF. Sans vouloir critiquer le G20, il estime cependant qu’il faut «profiter des plans de relance, qui visent en particulier les infrastructures, pour construire une économie pauvre en carbone».

Plus directe, Greenpeace lançait à peu près au même moment, de Pékin, un avertissement aux pays du G20. «Nous avons appris qu’il y a des pressions très fortes pour enlever toute référence au climat dans la déclaration finale qui sortira du sommet», indiquait l’association écologiste, dénonçant «une politique de l’autruche». De la cathédrale Saint-Paul, Gordon Brown a appelé ses invités à fournir «l’oxygène de confiance» dont les peuples du monde ont besoin.