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Au G20, la Chine et les Etats-Unis poussent à une réforme de l'OMC

La déclaration finale a été adoptée samedi par tous les pays membres du G20. Elle est marquée par les inflexions données par Donald Trump

La déclaration adoptée par les membres du G20 a réservé quelques surprises. Alors que l'Argentine craignait l'absence d'accord entre les plus grandes puissances de la planète, en raison de multiples tensions, les pays ont finalement approuvé une déclaration de 31 paragraphes.

L'un d'entre eux est révolutionnaire. Il souligne les améliorations à apporter au système multilatéral du commerce, soit un des principaux griefs de Donald Trump vis-à-vis de la Chine. «Le commerce international et l'investissement sont d'importants moteurs de la croissance, de la productivité, de l'innovation, de la création d'emplois et du développement. Nous reconnaissons que le système ne parvient actuellement pas à remplir ses objectifs et il existe de l'espace pour l'améliorer. Pour cette raison, nous soutenons la nécessaire réforme de l'OMC afin d'améliorer son fonctionnement. Nous examinerons les progrès lors du prochain sommet [il se déroulera en juin prochain à Osaka, ndlr]», lit-on dans le paragraphe 27.

La réforme est signée par tous les membres, mais les Etats-Unis sont parvenus à ôter toute mention du protectionnisme dans la déclaration. Celle-ci préfère parler de «problèmes actuels du commerce». La question des subventions à l'acier par la Chine est elle aussi écartée.

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La patte des Etats-Unis

Autre thème important de la déclaration: l'Accord de Paris sur le climat. Le projet initial ne prévoyait pas de mentionner ce sujet. Au final, les membres du G20 sont obligés d'accepter le retrait du leader mondial. «Les Etats-Unis réitèrent leur décision de se retirer de l'Accord de Paris et affirment leur ferme engagement à la croissance de l'économie, l'accès et la sécurité de l'énergie en ayant recours à toutes les sources d'énergie et les technologies, tout en protégeant l'environnement», est-il écrit dans la déclaration.

Durant ce 13ième sommet des présidents du G20, les discussions ont été extrêmement difficiles. Jusqu'à la dernière minute, après six journées intenses et des nuits courtes, les 20 sherpas des pays membres du G20, soit les négociateurs en chef, ont discuté mot par mot le contenu de la déclaration. Les négociations se sont achevées samedi à 6 heures du matin. Interrogée par Bloomberg, Svetlana Loukach, la sherpa russe, a souligné que le processus de rédaction d'un communiqué pour la réunion en Argentine a été «d'une durée sans précédent».

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De graves tensions internationales

Malgré les différents entre les pays, à 13h30 samedi à l'heure locale, la déclaration a été adoptée par tous les chefs d'Etats. Tout n'était pourtant pas gagné d'avance. Depuis le lancement du G20 en 2008, jamais le contexte international n'a été aussi conflictuel.

Cette année, le sommet  est marqué par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, les tensions entre la Russie et l'Ukraine, le Brexit, les subsides de la Chine dans l'acier, voire l'implication probable de Mohamed Ben Salman, le prince d'Arabie saoudite, dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Samedi soir, une rencontre est prévue entre Donald Trump et Xi Jinping. Elle permettra de prendre le pouls des relations bilatérales entre les deux plus grandes puissances mondiales. Elle déterminera si les deux géants sont prêts à poursuivre l'escalade de la guerre commerciale – ou au contraire, à s'accorder une trêve.

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