Centre de villégiature et station thermale, la ville allemande de Baden-Baden accueille ces vendredi et samedi les ministres des Finances et les présidents de banques centrales du G20. La rencontre revêt une importance particulière: c’est le baptême de feu de Steve Mnuchin, le nouveau secrétaire d’Etat américain au Trésor dans l’arène internationale. Ses homologues attendent qu’il détaille la politique économique et monétaire de la nouvelle administration à Washington.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump a donné divers signes, parfois contradictoires, à propos notamment de la fiscalité internationale, le protectionnisme et le rôle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la guerre de monnaies ou encore la régulation financière. «En cette période d’incertitude politique, nous devons profiter de cette réunion pour apporter des éclaircissements», a déclaré cette semaine Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, qui représentera Bruxelles.

«Le Roi des saisies»

«Nous sommes dans une phase un peu particulière, a déclaré un sherpa européen qui prépare la réunion de Baden-Baden. Les orientations américaines sont assez difficiles à décrypter; nous voyons un décalage entre les positions de principe du président Trump et les discours de ses ministres.» Pour le journal Financial Post du 13 mars, le monde est tout ouïe pour écouter Steve Mnuchin. «Ce dernier est non seulement connu comme le «Roi des saisies» des logements pendant la crise des subprimes, écrit le quotidien américain. Il est aussi le représentant d’un président décidé à perturber l’ordre économique et financier mondial que le G20 a mis en place non sans difficultés depuis dix ans.»

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Les sujets de confrontation sont nombreux. Donald Trump accuse sans cesse la Chine de manipuler sa monnaie pour doper ses exportations et menace d’imposer une surcharge douanière sur les produits chinois arrivant aux Etats-Unis. Depuis peu, il cloue aussi l’Allemagne au pilori, l’accusant de réaliser des excédents commerciaux sur le dos d’autres Etats. Le G20 espère aussi obtenir des explications à propos du slogan à relent protectionniste «America First (Les Etats-Unis d’abord)».

Trump prône la déréglementation

Tout aussi conflictuel, la réglementation bancaire, un thème important porté par le G20 dans le sillage de la crise des subprimes aux Etats-Unis et celle de la dette publique en Europe. La Banque pour les règlements internationaux (BRI) a été chargée de faire des propositions pour consolider le secteur bancaire. D’où la réforme dite Bâle III, qui veut renforcer les fonds propres des banques afin de les mettre à l’abri de toutes nouvelles crises. La perspective d’un d’accord s’est éloignée; le président Trump prône la déréglementation bancaire. «Les Etats-Unis ont le droit de changer leur approche, a déclaré cette semaine le commissaire européen Valdis Dombrovskis en charge des Services financiers. Mais en tant qu’alliée, l’Europe peut suggérer que la coopération internationale en matière de la gouvernance financière est dans l’intérêt de tous.»