Le G7 refuse d’accorder un statut international au yuan

Réunion Les ministres des Finances ont discuté notamment de la monnaie chinoise et de la crise grecque

Même si Pékin n’est pas membre des instances du G7 (Groupe des pays les plus industrialisés, à savoir les Etats-Unis, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Japon), la Chine fait immanquablement parler d’elle à tous les rendez-vous. Réunis à Dresde en Allemagne, ces jeudi et vendredi, les ministres des Finances ont abordé la place qu’occupe la monnaie chinoise – le yuan, également appelé le renminbi – dans l’économie mondiale. Cette rencontre précède le 41e Sommet du G7 qui aura lieu les 7 et 8 juin à Schloss Elmau, en Haute-Bavière.

Premier importateur et exportateur mondial, la Chine revendique une plus large utilisation de sa monnaie dans les échanges internationaux. Selon la société financière Swift qui gère le trafic de paiements d’un pays à l’autre, le yuan avait grimpé au cinquième rang des monnaies les plus utilisées en janvier 2015, contre le 13e rang deux ans plus tôt. Pour cette raison, Pékin demande que sa monnaie fasse aussi partie du panier de devises pris en compte pour fixer la valeur des droits de tirage spéciaux, une unité monétaire utilisée par le Fonds monétaire international (FMI) dans ses transactions. A présent, ce panier est composé du dollar américain, de l’euro, de la livre britannique et du yen japonais.

Les ministres des Finances du G7 ont dit non. Wolfgang Schäuble, hôte de la réunion, a expliqué vendredi qu’«il était trop tôt et qu’il y avait des questions techniques et d’autres questions encore à régler». En réalité, Washington, qui veille sur la suprématie du dollar, a fait barrage. De la même manière, il n’a pas encore ratifié le changement de quotes-parts qui donnerait plus de voix aux pays sous-représentés au comité directeur du FMI. Les Etats-Unis détiennent 17,6% des quotes-parts, ce qui leur donne un droit de veto. Depuis deux décennies, Washington accuse le yuan d’être artificiellement sous-évalué pour aider les exportations chinoises. Mais en début de semaine, le FMI a estimé que ce n’était plus le cas.

Période de grâcepour la Grèce

Les grands argentiers ont aussi abordé la crise grecque à Dresde. Invitée, la directrice du FMI Christine Lagarde a soufflé le chaud et le froid. Jeudi, elle a affirmé que la sortie de la Grèce de la zone euro était une «possibilité». Cette éventualité pourra se produire dès la semaine prochaine, si Athènes ne rembourse pas les 300 millions d’euros dus au FMI pour le vendredi 5 juin. Elle a ensuite rectifié le tir, en évoquant une période de grâce qui irait jusqu’au 30 juin prochain. D’ici là, la Grèce devra rembourser un total de 1,2 milliard d’euros au FMI. Cette date correspond aussi à l’échéance de l’accord qui lie le pays à la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI).

Des négociations intenses sont en cours, afin que les autorités grecques présentent un plan de réformes de leur économie, contre le déboursement de 7,2 milliards d’euros. Cette somme correspond au restant des deux programmes d’aide, de 240 milliards, en cours depuis 2010. Selon Wolfgang Schäuble, un accord n’est pas en vue, contrairement aux affirmations grecques.