«Le peuple américain doit savoir que le gouvernement agit et qu'il va continuer à le faire pour résoudre la présente crise. [...] Nous avons tous les outils nécessaires pour le faire.» Après une semaine noire pour Wall Street et les bourses mondiales, George Bush n'a pas réussi à rassurer les marchés financiers qui ont replongé à l'issue de son intervention télévisée depuis la Maison-Blanche, peu avant la réunion des ministres des Finances du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) vendredi soir à Washington.

Avec la propagation et l'intensification de la crise, ce sommet des grands argentiers, prévu de longue date dans le cadre de la réunion annuelle du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, revêt une importance cruciale. Il risque même de faire l'objet d'attentes démesurées.

Les ministres des Finances du G7 seront reçus samedi matin à la Maison-Blanche pour tenter de s'accorder sur les remèdes à la crise. Aux Etats-Unis, quelques experts avancent déjà qu'une réponse molle du G7 ce week-end pourrait avoir un effet dévastateur sur les bourses la semaine prochaine et provoquer un effondrement du marché financier. Sous pression maximale, les grands argentiers sont dès lors condamnés à s'entendre.

C'est là toute la difficulté. Jusqu'ici, le G7 n'est pas parvenu à articuler une réponse commune pour venir en aide aux banques en manque de liquidités et mettre fin rapidement à l'assèchement du crédit, carburant vital pour l'économie. L'Union européenne n'a pas réussi non plus à dégager un plan d'action commun.

Sous-secrétaire d'Etat au Trésor, David McCormick laisse néanmoins apparaître une volonté américaine de ne plus agir de façon isolée: «A mesure que la crise se répand, les chances de coopérer s'accroissent.»

Pas d'actes unilatéraux

«Coopération», «concertation»: les deux vocables sont dans la bouche de tous les responsables politiques. Jeudi, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde les pays qui prendraient des mesures susceptibles de déstabiliser les systèmes financiers des voisins. «Les actes unilatéraux doivent être impérativement évités voire condamnés.» Peer Steinbrück, ministre allemand des Finances, a insisté pour que les «solutions au cas par cas» soient écartées. Et ce dernier d'ajouter: «Nous avons besoin de règles mondiales pour les marchés.»

Vendredi, Américains et Britanniques semblaient partager, selon le New York Times, des vues convergentes pour notamment nationaliser partiellement les banques en grave difficulté. Christine Lagarde a cependant tempéré les attentes. Selon la ministre française des Finances, il faut coordonner les actions, mais il ne faut pas s'attendre à une «réponse harmonisée» du G7, car «chacun de nos marchés est différent en termes de taille, de réglementation et d'acheteurs». Quant au président russe, Dmitri Medvedev, il appelle à un sommet extraordinaire du G8, mais aussi d'autres grands acteurs du marché financier mondial dont le Brésil, l'Inde, la Chine et le Mexique.