Les prévisions des économistes sont rarement correctes. L’année 2020 n’a pas échappé à la règle. Il est donc utile, voire nécessaire, d’écouter les voix discordantes. Charles Goodhart, 84 ans, en fait clairement partie. Cet économiste est l’auteur, avec Manoj Pradhan, fondateur de l’institut de recherche Talking Heads Macroeconomics, d’un ouvrage qui promet des changements structurels majeurs. Dans The Great Demographic Reversal, (Palgrave, 262 pages, 2020), les deux experts analysent les effets des changements démographiques. Le déclin de la main-d’œuvre par rapport à l’ensemble de la population, dans les pays industrialisés et en Asie du Nord, inverse quantité de tendances. L’excès d’épargne va se résorber, par exemple. La contribution de la Chine à la désinflation va prendre fin. Les auteurs en concluent que le monde est à l’aube d’une nette hausse des salaires, de l’inflation et des taux d’intérêt. La revanche des salariés?

Changements structurels

Conscients du caractère iconoclaste de leur discours, ils ont intitulé le dernier chapitre «Nager à contre-courant». Il est vrai que les économistes prévoient pour 2021 un taux d’inflation de 0,2% en Suisse et de 0,9% dans la zone euro et que personne n’attend de forte hausse de l’inflation à moyen terme.