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Galaxy Note 9, le prix du luxe

Le dernier fleuron de Samsung, disponible depuis peu en Suisse, empile avec brio les composants haut de gamme, mais sans innover. Avec un prix à quatre chiffres, il confirme que les smartphones onéreux sont partis pour durer

Cela n’échappe à personne, l’innovation dans les smartphones ralentit depuis quelques années. Les constructeurs ont tiré leurs dernières munitions: doubles capteurs photo en 2016, écrans sans bordures en 2017… Et cette année? Rien. Ha! si, les smartphones à plus de mille francs sont de plus en plus nombreux. Moins d’innovation, tarifs plus élevés, bienvenue en 2018.

Proposé depuis vendredi 24 août en Suisse, le Galaxy Note 9 de Samsung est emblématique de cette montée en gamme, avec un coût de 1049 francs (6 Go de mémoire vive, 128 Go de stockage) ou 1349 francs (8 Go/512 Go). Inutile de chercher plus loin: nous avons là le smartphone Android le plus cher sur le marché. Heureusement, le Note 9 embarque de nombreux raffinements haut de gamme pour justifier de tels tarifs. Notre verdict après deux semaines passées avec un appareil prêté par le fabricant.

Faut-il le rappeler? Le Note 9 est… grand. C’est cette gamme qui avait lancé les «phablets» en 2011, mode d’abord raillée, avant d’être imitée par la concurrence, Apple inclus. Ces hybrides entre smartphones et tablettes allient confort de lecture et autonomie record, au prix d’un encombrement certain. Le Note 9 se prédestine avant tout à une utilisation à deux mains. Un petit glissé du pouce permet certes de passer rapidement en mode «une main» (la surface utile de l’écran est alors réduite et passe sous le pouce droit), mais il ne s’agit que d’un pis-aller qui ne se révèle utile que dans des cas précis, par exemple lorsque l’autre main est occupée.

A noter au dos de l’appareil la sempiternelle présence chez Samsung d’un capteur d’empreintes digitales mal fichu car trop petit, pas assez délimité et trop proche des capteurs photo. Samsung privilégie de toute façon la reconnaissance d’iris et de visage pour déverrouiller l’appareil, avant un hypothétique capteur d’empreintes dissimulé sous l’écran.

Des bezels et des «notches»

L’avantage principal des phablets, c’est donc leur écran spacieux. Sur ce point le Note 9 fait un sans-faute. Avec 6,4 pouces de diagonale, il est encore plus grand que celui du Note 8, bien que les deux appareils soient de la même taille, les bords ou bezels ayant encore été affinés. Mention honorable pour le Coréen qui n’a pas cédé à l’insoutenable mode des encoches, ou «notches», qui défigurent le haut des écrans comme sur l’iPhone X. Les couleurs de la dalle OLED sont somptueuses (après réglage), et l’écran demeure parfaitement lisible même en plein soleil. N’ayons pas peur des mots, cet écran sublime n’a pas d’égal sur le marché.

Le reste du matériel est résolument haut de gamme. Passons sur le microprocesseur et la mémoire vive pour nous attarder sur le stockage: la version 512 Go satisfera sans doute les utilisateurs les plus exigeants qui doivent transférer de gros fichiers. En cas de boulimie de données, il est toujours possible d’ajouter une carte microSD pour doubler cette capacité. La batterie n’est pas en reste: avec 4000 mAh, elle surclasse la concurrence. Cela se sent sur le Note 9, un peu plus épais que le 8, mais surtout beaucoup plus endurant. Il tient sans sourciller toute une journée, même en cas d’utilisation intensive.

Impossible d’évoquer le Note 9 sans parler du S Pen, son stylet compagnon. Il permet toujours de gribouiller de fausses moustaches ou de noircir les dents sur les photos de ses amis. Nouveauté cette année, un bouton permet de lancer l’application photo et d’activer le déclencheur à distance. Pratique pour se passer du retardateur… ou pour prendre des photos en toute discrétion. Signalons enfin la présence de deux ports SIM. Il y a peu à dire sur la partie photo: elle nous a semblé très proche de celle du S9 Plus sorti au printemps.

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Coffre à doublons

Au rayon des accessoires, le DeX mérite une mention particulière. Livré avec le Note 9, ce hub transforme le téléphone en ordinateur d’appoint. Apparu avec le Galaxy S8, il a été revu et simplifié. Il suffit désormais de le brancher à un moniteur grâce à un câble HDMI, celui-ci affiche alors immédiatement une version bureautique du téléphone, adaptée à la plupart des résolutions d’écrans.

Le DeX nous a semblé très malin pour écrire de longs textes grâce à la possibilité de brancher un clavier et une souris, ou plus simplement pour naviguer sur internet sans avoir à allumer son ordinateur habituel. Et vu les températures estivales, c’est appréciable. Seules les applications Samsung ou Google sont cependant parfaitement compatibles.

Enfin, le Note 9 embarque la version Oreo 8.1 du système Android. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la version 9, Pie, était aux abonnés absents. Une lenteur de mise à jour récurrente chez Samsung. Tout comme les insupportables doublons dans les applications: navigateur Samsung, client e-mail Samsung, galerie Samsung… tout ou presque vient faire doublon avec les applications que l’on utilise déjà. Les premières heures d’utilisation du smartphone se résument à des dizaines de notifications et d’incitations à connecter son compte Samsung pour pouvoir s’en servir. Pourvu que le Coréen abandonne tout ce fourbi, et vite. Ces quelques soucis mineurs mis à part, le Note 9 demeure sans doute le meilleur smartphone sous Android disponible à ce jour, mais il s’adresse à une niche de clients exigeants. Et fortunés.

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