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Le S9 Plus (à gauche) et le S9 sont récemment sortis en Suisse.
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Test

Le Galaxy S9 de Samsung, un succès sans risques

Le nouveau porte-étendard de la marque coréenne s’appuie sur les assises de son prédécesseur tout en l’améliorant discrètement. Notre test

Il y a des lancements de smartphones plus délicats que d’autres. C’est le cas de celui du Galaxy S9 de Samsung. Non pas que la sortie du S8 ait été une partie de plaisir: le constructeur coréen avait joué gros l’an passé pour faire oublier le terrible fiasco des Galaxy Note 7, dont certains exemplaires avaient spectaculairement pris feu ou explosé en 2016. Mais la sortie du S9 a devant elle deux défis. D’abord faire mieux que son prédécesseur, un S8 au design innovant tout à fait convaincant, mais aussi et surtout contrer l’iPhone X, son éternel concurrent.

Et autant le dire immédiatement: Samsung n’a pris aucun risque et a préféré assurer, se reposant sur ses acquis. Son nouvel appareil se contente de corriger quelques défauts repérés sur le S8. Il ne faut donc pas s’attendre à une révolution (comme a pu l’être le S8 en termes d’écran), mais à de petits changements épars, invisibles au déballage mais qui améliorent l’expérience d’utilisation au fil des jours. De quoi justifier une dépense de près de mille francs?

Un écran à débordement

Comme l’an passé, le Galaxy S est disponible en deux versions: le S9 (899 francs, prêté par Digitec) et le S9 Plus (999 francs, prêté par Samsung). Ce dernier est plus grand: son écran a une diagonale de 6,20 pouces contre 5,8 pour le S9, et il dispose ainsi logiquement d’une batterie elle aussi plus grande, et donc plus confortable (3500 mAh contre 3000). Outre la différence de taille, le S9 Plus est équipé d’un double capteur photo, tandis que le S9 n’en a qu’un seul. Il embarque enfin six gigaoctets de mémoire vive, alors que son petit frère n’en a que quatre.

Mis à part la présence de deux capteurs d’image au dos du S9 Plus, les deux appareils sont d’un design identique, lui-même identique ou presque à celui du S8. On retrouve ainsi le même somptueux écran Infinity qui avait fait son succès, un écran «à débordement», sans bords latéraux ou presque. Celui-ci occupe environ 85% de la face avant du téléphone. On ne tient ainsi plus en main un téléphone, mais un écran. Fruit d’une refonte entamée avec le Galaxy S6 Edge il y a trois ans, ce design d’écran, couplé à la très fine épaisseur du smartphone, est une indéniable réussite. Aussi bien au déballage qu’à chaque sortie successive de la poche, les Galaxy S9 séduisent les yeux et peuvent toiser de haut l’iPhone X.

Les écrans des Galaxy reposent toujours sur la technologie OLED, Samsung étant maître en la matière. Les couleurs sont chatoyantes, les contrastes absolus et la visibilité excellente en extérieur. Ce n’est pas un hasard si Apple a aussi opté pour cette technologie sur son iPhone X. Visionner des films se révèle bien plus immersif, grâce non seulement à l’écran OLED mais aussi à la présence d’une paire de haut-parleurs stéréo, là où le Galaxy S8 se contentait d’un unique (et faiblard) haut-parleur.

En verre et contre tout

Sur la face arrière, autre similarité avec le S8 et l’iPhone X: Samsung a une fois de plus opté pour du verre. Ce matériau donne un aspect certes luxueux à l’ensemble, mais n’a rien de très pratique. Il constitue ce qu’on peut dénommer un incroyable «attrape traces de doigt» qui gâche quelque peu le côté premium. Pire, le verre se révèle vite glissant: on manque souvent de laisser échapper le téléphone lorsqu’on s’en saisit. Inutile de préciser qu’un smartphone recouvert de deux plaques de verre est extrêmement fragile: la moindre chute et c’en est terminé.

Toujours sur cette face arrière, le capteur d’empreintes digitales a été déplacé pour être plus accessible. Etrangement situé de l’autre côté (pour un droitier) de l’objectif photo sur le S8, il est désormais juste en dessous, en position centrale. Il est ainsi plus facilement atteignable, mais demeure décevant. Trop petit, toujours trop près de l’objectif, il entraîne encore bien trop souvent des traces de doigt intempestives sur la lentille. Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui se fait chez la concurrence? C’est incompréhensible et agaçant. Sur une note plus positive, signalons que le S9 dispose d’une sortie audio minijack, qui a tendance à disparaître des smartphones les plus récents. Un bon point pour ceux qui utilisent des écouteurs filaires, donc. Au rayon des petits plus en voie de disparition, on trouve aussi un lecteur de cartes micro SD. Le S9 possède enfin deux emplacements pour les cartes SIM.

Avatars ratés

Au niveau de la photographie, il y a enfin du nouveau par rapport au Galaxy S8. Outre un capteur plus sensible et un traitement d’image amélioré, l’objectif du S9 peut shooter avec une ouverture de diaphragme de f/1.5 ou de f/2.4, la première laissant passer plus de lumière que l’autre. Tout se fait automatiquement, sauf en mode Pro. Sur le S9 Plus, et seulement sur celui-ci, la présence de deux objectifs permet de bénéficier d’un zoom optique (x2) et de réaliser des portraits avec un arrière-plan flou. C’est exactement la même fonctionnalité que celle que nous avions relevée et appréciée sur le Galaxy Note 8 il y a quelques mois.

Si ces nouveautés paraissent alléchantes sur le papier, elles nous ont moins convaincu en situation réelle. Le S9 a beau prendre de très bonnes photos, en particulier en basse luminosité, celles-ci n’offrent pas grand-chose de plus que sur le Note 8. Pire, les portraits se sont révélés presque décevants, en tout cas en deçà des clichés pris avec un iPhone X ou un Pixel 2. Les photos restent toutefois très belles et en tout cas supérieures à celles de pratiquement tous les smartphones sur le marché. L’ajout d’un second objectif n’a cependant rien révolutionné.

Autre petite nouveauté, le logiciel AR Emoji, intégré à l’appareil photo, permet de créer des avatars en 3D à son effigie. C’est franchement raté. Les visages sont crispés, peu ressemblants. Samsung a de toute évidence développé cet outil en catastrophe pour copier les animojis 3D de l’iPhone X. Quel dommage de voir Samsung renouer avec ses vieux démons en copiant Apple… Le coréen n’a clairement pas besoin de cela et il l’a déjà prouvé.

Outre cet échec, on retrouve aussi l’assistant Bixby, censé fonctionner avec des algorithmes d’intelligence artificielle. On l’active en pressant le bouton situé sur la tranche gauche du S9. Il n’offre qu’une aide restreinte et comprend assez mal ce qu’on lui dit. Il dispose cependant d’un réel atout: on peut assigner à une commande vocale toute une série de réglages matériels. Par exemple, lorsqu’on lui dit «bonne nuit», Bixby peut couper le son du téléphone, le passer en mode avion, baisser la luminosité, etc. Des réglages matériels impossibles à obtenir avec le Google Assistant, par exemple. C'est la version 8.0 du système Android, la plus récente, qui est présente.

On pouvait s’y attendre: après un Galaxy S8 osé et réussi, Samsung n’a pas fait table rase. Son design et son écran irréprochables le positionnent déjà comme l’un des smartphones les plus populaires de 2018. L’on aurait toutefois apprécié un peu plus d’audace de la part du leader mondial des fabricants de smartphones. Mais dans le contexte du recul des ventes globales enregistré pour la première fois en 2017, Samsung a sagement opté pour la prudence et nous livre un produit fort bien fini, sans surprises.

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