La santé n'a pas de prix mais elle un coût. Afin de réduire ce coût, Galenica, numéro un de la distribution de médicaments en Suisse, et Kudelski ont élaboré un système de carte santé pour gérer électroniquement les informations des patients. Pour ce faire, une société commune (E-prica SA) a été créée en joint-venture (50/50). «La base de données que j'appelle «relationnelle» permettra au patient et au médecin de contrôler la médicamentation. Les économies potentielles sont très importantes», souligne André Kudelski, patron du groupe technologique. L'idée de ce nouveau projet est de collecter les données des patients dans une clé électronique en plastique (la «privacy card»). Les premières cartes à puce seront disponibles sur le marché au début de l'été.

D'un côté, Kudelski prend en charge les questions d'accès. La société de Cheseaux-sur-Lausanne met en avant ses compétences et sa technologie de pointe dans le domaine de la sécurité des données. De l'autre, Galenica apporte son savoir-faire en matière de gestion des banques de données. «Les investissements consentis par Galenica dans ce joint-venture ne dépasseront pas 10% du résultat consolidé du groupe par an. Celui-ci se montera à plus de 50 millions de francs en 2001», précise Etienne Jornod, président du groupe actif dans la pharmacie. Si les risques sont limités, le marché semble prometteur. En effet, selon Etienne Jornod, la principale cause des coûts de la santé ne réside pas tellement dans les prix en tant que tels, mais plutôt dans les effets indésirables et les intéractions entre deux médicaments. Collecter les données des patients et réunir toutes ces informations sur une carte à puce devient dès lors une source d'économie importante. En plus de cette réduction des coûts, la confidentialité du patient est préservée. En effet, le client est le seul à pouvoir autoriser l'accès à ses données personnelles et, ainsi, les consulter en toute transparence. «L'avantage de ce système vient de ce que les données ne retrouvent leur structure complète qu'en utilisation conjointe avec la carte, par exemple pour la durée d'une consultation auprès du médecin», ajoute André Kudelski.

Pour les caisses maladie, il s'agit là d'une bonne nouvelle. Le problème est que les coûts sont étroitement liés au vieillissement de la population. L'impact sur les primes risque d'être minime.

Les projets de Galenica ne s'arrêtent pas à la fabrication de cette carte santé. La relation entre le patient et son médecin peut être renforcée par un rapprochement entre les médecins et les pharmaciens. Le géant de la logistique des médicaments a aussi annoncé mardi la fondation de Triamun avec la société zurichoise Ludwig&Partner. Cette nouvelle entité propose de relier via Internet les pharmaciens et les médecins. Le but est de crééer une plate-forme au travers de laquelle transiteront les ordonnances médicales. Selon Andreas Strahm, directeur de cette Triamun, la liaison électronique permettra de limiter de nombreuses erreurs d'ordonnances ou de dosages. Si l'on en croit les derniers chiffres de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), près de 1500 erreurs ont été recensées en une année en Suisse. Or, une mauvaise information et une confusion des ordonnances sont lourdes de conséquences sur la santé comme sur les coûts.