Zurich

GAM doit se chercher un nouveau patron

L’affaire du gérant suspendu a eu raison d’Alexander Friedman, déjà critiqué pour ses rémunérations parmi les plus élevées de Suisse. Un administrateur le remplace en attendant qu’un successeur soit trouvé

S’il ne partait pas, c’est qu’il n’y avait personne pour le remplacer, disaient les mauvaises langues ces dernières semaines. Elles ont eu au moins à moitié tort. Mardi matin, GAM a annoncé la démission de son directeur général, Alexander Friedman. C’est l’administrateur David Jacob qui le remplace en attendant qu’un successeur soit trouvé.

En crise depuis l’été

La société de gestion d’actifs zurichoise est en crise depuis l’été dernier, quand elle a dû suspendre l’un de ses gérants les plus populaires, pour des raisons encore floues mais liées aux règles de gestion de risques. Cette suspension du responsable de la stratégie dite «absolute returns» a provoqué des retraits de fonds de la part des clients à tel point que GAM a dû geler les fonds de placement concernés, avant de les liquider. Lors de la publication des résultats trimestriels, fin octobre, il est apparu que les clients avaient retiré 18 milliards de francs, soit l’équivalent de 20% du total des actifs sous gestion de la société et bien plus que les fonds concernés.


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Connu pour avoir été le financier le mieux payé de Suisse, ce qui avait provoqué une fronde des actionnaires l’an dernier, Alexander Friedman quitte l’entreprise avec effet immédiat. «Alex et le conseil d’administration ont été d’accord sur le fait qu’une nouvelle direction nous rendrait davantage capables de prendre les mesures nécessaires pour soutenir la rentabilité et conduire la stratégie du groupe», a déclaré Hugh Scott-Barrett, président de GAM, dans le communiqué.

Encore des sorties de fonds

L’annonce a eu un effet limité sur l’action, qui perdait 1,4% mardi matin. A un peu moins de 6 francs, les titres s’échangent presque à un tiers de leur niveau du début de cette année. Les analystes ne voient pas forcément ce changement d’un mauvais œil: «Cette démission n’est pas particulièrement surprenante si l’on tient compte de l’ampleur substantielle des pressions et des critiques, qui ont encore augmenté avec la liquidation des stratégies «absolute return», explique Tomasz Grzelak, analyste chez Baader Helvea. Cependant, il estime que les sorties de fonds ont continué au mois d’octobre, à hauteur d’un demi-milliard de francs. GAM reste, à son avis, une cible de rachat.

Vontobel, dans une note, évalue les retraits de fonds des clients à 1 milliard de francs, mais souligne l’expérience dans l’industrie de David Jacob, qui avait rejoint le conseil d’administration en 2017: il a eu des responsabilités notamment auprès d’UBS, Merrill Lynch, JPMorgan, principalement dans la gestion d’actifs.

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