Selon le sondage suisse sur la santé, la part des porteurs de lunettes a augmenté de cinq points de pourcentage au cours des 20 dernières années. A l’heure actuelle, 64% de la population porte des lunettes ou des lentilles de contact, une tendance croissante. Le diagnostic le plus fréquent est celui de la myopie, qui prend des proportions presque endémiques. Bien qu’il n’existe aucune statistique fiable, les experts constatent une forte hausse du nombre de cas de myopie depuis les années 70 et ils estiment qu’elle touche plus de 30% de la population.

De leur côté, la plupart des personnes âgées de 40 ans et plus souffrent de presbytie. Elles sont alors presque toutes confrontées pour la première fois de leur vie au port de lunettes et n’en reviennent pas lorsqu’elles découvrent les prix des montures et des verres. Pour la presbytie, il est tout à fait possible d’acheter de nos jours des lunettes de lecture bon marché chez un discounter, mais bon nombre d’experts déconseillent l’achat de ces modèles qui ne présentent aucun traitement antireflet et ne sont adaptés ni aux yeux ni au visage. Quiconque souhaite donc investir un peu plus pour sa santé, son bien-être et sa vision devra compter près de 300 francs par verre progressif pour des lunettes à la fois pour travailler devant l’ordinateur et pour lire, plus la monture. Et si le choix se porte sur un modèle à la mode ou un peu original, le prix peut aussi vite grimper de 200 ou 300 francs.

Pas couvert par l’assurance de base

Or les personnes touchées par la presbytie et la myopie ne peuvent espérer aucune participation supplémentaire de l’assurance obligatoire des soins pour ces coûts, car ils entrent dans la catégorie «troubles de la vue non pathologiques», comme la plupart des corrections visuelles en Suisse. Depuis le 1er janvier 2011, l’assurance obligatoire des soins n’alloue plus de prestations dans le cadre de l’assurance de base aux adultes et aux jeunes à partir de 19 ans. Auparavant, une somme de 180 francs était prise en charge tous les cinq ans, dans la mesure où la franchise annuelle était déjà épuisée. C’est pourquoi la plupart des porteurs de lunettes n’ont, par le passé, pas non plus bénéficié de ces prestations de l’assurance-maladie de base. Aujourd’hui, l’assurance de base obligatoire prend uniquement en charge les aides visuelles liées à une maladie pour les enfants jusqu’à l’âge de 18 ans révolus, et ce, à concurrence de 180 francs par an. Une ordonnance d’un ophtalmologue est requise dans tous les cas. Dès l’âge de 19 ans, l’assurance obligatoire des soins ne prend plus en charge les lunettes ou les lentilles de contact qu’en cas de modifications de la réfraction dues à une maladie, par exemple le diabète, à concurrence de 180 francs par an et par œil.

Pour certains cas particuliers, par exemple une myopie médicalement attestée d’au moins -8.0 dioptries, une contribution de 270 francs est versée tous les deux ans pour chaque œil, en plus de la participation de l’assurance obligatoire des soins, pour des lentilles de contact spéciales, y compris l’ajustement par un opticien. Ce montant augmente à 630 francs pour les cas spéciaux de lentilles de contact, à savoir en cas d’astigmatisme irrégulier, de kératocône, de pathologie ou de lésion de la cornée, de nécessité après une opération de la cornée ou de défauts de l’iris.

L’assurance de base alloue ces prestations aux personnes assurées indépendamment de leur âge. Dans ces cas, les personnes touchées doivent uniquement prendre en charge leur franchise et la quote-part obligatoire de 10% des coûts.

Jusqu’à 800 francs par an en complémentaire

Tous les assurés qui souhaitent une prise en charge plus importante de la part de la caisse maladie, notamment pour les aides visuelles non liées à une pathologie, doivent conclure une assurance complémentaire adéquate. Or, nombre d’entre elles ne prévoient aucune prise en charge pour les lunettes, ou seulement dans une mesure très limitée, de sorte que les montants versés pour les aides visuelles varient très fortement d’une assurance complémentaire à l’autre.

En général, des montants de 150, 200 ou 300 francs sont alloués, soit chaque année, soit seulement tous les trois ans selon les assureurs. Certains vont cependant jusqu’à 800 francs par an pour des lunettes et lentilles de contact, auquel cas les primes à payer ne sont souvent pas les plus avantageuses qui soient. De tels produits peuvent toutefois être parfaitement indiqués pour des porteurs de lunettes ou de lentilles de contact. Le montant et le mode de prise en charge des coûts, ainsi que les éventuels délais de carence sont définis dans les conditions générales d’assurance (CGA) et les conditions complémentaires (CC) de chaque assureur maladie. Dans tous les cas, il vaut la peine de comparer soigneusement les produits.


* Olivier Parenteau est membre de la direction de Maklerzentrum Schweiz AG, le leader en matière de solutions d’assurance dans le secteur de la clientèle privée.