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GE supprimera 1400 postes d’ici à deux ans dans son unité argovienne fabriquant des turbines à vapeur et à gaz pour les centrales électriques.

Industrie

GE lâche ses turbines argoviennes et 1400 employés en Suisse

Le groupe américain désinvestit dans son pôle énergie, biffant 12 000 postes dans le monde. L’unité argovienne, passée de mains en mains depuis dix ans sur fond de crise énergétique, est durement touchée

C’est l’histoire d’une unité qui est passée de mains en mains et à laquelle personne ne croit plus. General Electric (GE) a annoncé ce jeudi son intention de supprimer 1400 postes d’ici à deux ans au sein de la division GE Power fabriquant des turbines à vapeur et à gaz et autres générateurs pour centrales électriques en Argovie. Des emplois dans l’administration seront supprimés au siège de Baden, ainsi que dans la production à Birr et Oberentfelden, a précisé le groupe à l’ATS.

Cette décision s’inscrit dans un plan mondial de réduction d’effectifs qui va toucher 12 000 personnes dans le pôle énergie du groupe américain, soit 18% des effectifs de la division.

Trois changements en dix ans

Vendue par le groupe helvético-suédois ABB en 2000 au français Alstom, l’unité «Steam Power Systems and Power Services» a été reprise par GE en 2015. Une acquisition qui avait déjà laissé 900 employés sur le carreau.

Un plan social avec des conditions «similaires» sera proposé aux collaborateurs visés par la nouvelle restructuration, a fait savoir GE dans un communiqué. Le groupe, qui compte près de 4500 salariés en Suisse, précise qu’aucun de ses sept sites ne sera fermé.

Employés Suisse appelle le groupe industriel à assumer ses responsabilités sociales en tant que «principal employeur du canton d’Argovie». L’organisation de défense des salariés évoque des «procédés à l’américaine» qualifiés «d’absolument irresponsables».

L’action a perdu un tiers de sa valeur

GE justifie cette nouvelle restructuration par les difficultés vécues sur le marché mondial de l’énergie, citant pêle-mêle la surcapacité de production, la pression sur les prix de l’électricité, la mise hors service d’usines à gaz et la croissance des énergies renouvelables.

L’action de GE a perdu 27% de sa valeur sur les trois derniers mois. Le 13 novembre, la direction annonçait que le dividende versé aux actionnaires serait divisé par deux – une première depuis la crise de 1929. Trois jours plus tard, le cabinet de notation Moody’s avait abaissé sa note en raison de la «sévère détérioration de la situation financière de sa division GE Power». Une situation qui devrait perdurer «au moins jusqu’en 2019», anticipait le cabinet.

«Dans le marché actuel, la production conventionnelle d’énergie n’a plus aucune valeur», explique un observateur du secteur. «Seule compte désormais la manière d’intégrer les multiples sources d’énergie dans le réseau et leur distribution. L’ancienne direction de GE a pris de mauvaises décisions, qui sont désormais en voie de correction.»

Réorientation dans un secteur en crise

Parmi ces corrections, la réorientation stratégique du groupe annoncée le mois dernier. Après avoir raté le tournant énergétique, le géant industriel se recentrera sur ses activités principales: l'énergie, l'aéronautique et la santé, cédant pour quelque 20 milliards de dollars d’actifs. La restructuration devrait, elle, permettre une réduction des coûts structurels d’un milliard de dollars en 2018. Outre la Suisse sont touchées quelque 3000 personnes supplémentaires en Allemagne et au Royaume-Uni.

Mi-novembre, c’est l’allemand Siemens qui annonçait la suppression de milliers d’emplois dans sa branche énergie, qui produit aussi bien des turbines à gaz et des éoliennes que des locomotives. Celle-là même qui avait déjà été touchée par vaste plan de restructuration du groupe en 2013. La transition énergétique n'a pas fini d'éprouver les géants du secteur.

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