Fusion

Le géant des verres optiques se marie avec celui de la monture

Le numéro un mondial de l’optique ophtalmologique, Essilor, et le premier fabricant de lunettes, Luxottica, ont annoncé leur mariage. EssilorLuxottica pèsera 15 milliards d’euros

«Comment pourrions-nous créer par exemple des lunettes connectées si nous ne combinons pas les compétences d’Essilor en matière de verres optiques avec celles de Luxottica sur les montures de lunettes?», expliquait lundi matin, Hubert Sagnières, président-directeur-général d’Essilor, lors d’une conférence de presse téléphonique. Après quatre ans de négociations, le conseil d’administration de l’entreprise française Essilor, ainsi que celui de la firme italienne Luxottica, ont approuvé dimanche à l’unanimité un accord de fusion.

Grâce à cela, la future société compte diversifier son offre et distribuer ses produits partout et à tous les prix. «Les ventes en ligne vont accélérer la demande», estime le PDG d’Essilor. Selon Leonardo Del Vecchio, président exécutif de Luxottica, l’accord permettrait non seulement de bénéficier du réseau que chacune des entreprises a développé, mais également à accroître leur présence principalement aux Etats-Unis et dans les pays émergents.

Augmenter le chiffre d’affaires

Selon le communiqué, cette fusion devrait générer des économies entre 400 et 600 millions d’euros par an. Pour le consommateur, l’avantage est moins certain: «nous ne pouvons pas encore déterminer l’impact que cela aura sur les prix», précise le groupe Essilor. Selon lui, il s’agit avant tout d’améliorer les services et de rendre l’offre, plus innovante avec, par exemple, des lunettes connectées.

Aujourd’hui, le chiffre d’affaires combiné des deux entreprises est estimé à plus de 15,6 milliards d’euros. Et le marché de l’optique, à 95 milliards d’euros. «Comme il est très fragmenté, il manquait un leader suffisamment important pour relancer et transformer l’industrie de l’optique», confie Hubert Sagnières. C’est la place que veut occuper EssilorLuxottica, avec ses 140 000 employés et des points de ventes dans plus de 150 pays. «Notre but est d’offrir les meilleurs verres dans les meilleures lunettes aux sept milliards de personnes», poursuit-il. Car selon la future entité, tout le monde devrait porter des lunettes de soleil. Mais seuls 19% en portent. Et, sur les 4,5 milliards qui ont besoin de corrections ophtalmologiques, ils ne seraient que 1.9 milliards à être équipés convenablement.

Conditions à remplir

Avec de telles ambitions, un risque de cartel n’est pas impossible. D’ailleurs, l’opération de fusion est notamment suspendue à l’octroi des autorisations des autorités des marchés financiers et de la concurrence. Mais aussi des actionnaires d’Essilor.

Si la fusion se confirme, la holding Delfin, qui détient 62% de Luxottica, apportera la totalité de sa participation dans cette dernière, à Essilor. En échange, la société française émettra de nouvelles actions sur la base d’une parité d’échange de 0,461 action Essilor pour une action Luxottica. Essilor devra ensuite faire une offre publique d’échange. A terme, Delfin détiendra entre 31 et 38% de la future entité.

Selon l’entreprise Essilor, la procédure devrait être clôturée en fin d’année. En attendant, elles poursuivent leur activité chacune de leur côté.


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