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La première édition de GemGenève, salon dédié aux pierres précieuses et à la joaillerie, regroupera une centaine d’exposants négociants, lapidaires et autres détaillants du 10 à 13 mai à Palexpo.
© Gem

Haute joaillerie

GemGenève ou le réveil joaillier de la Cité de Calvin

Entièrement dédié aux pierres précieuses et à la joaillerie, ce nouveau salon qui aura lieu mi-mai à Palexpo défend une approche plus démocratique et collégiale de la profession

De la constellation des métiers du diamant, des pierres et des bijoux anciens, on connaissait Hongkong, Tel-Aviv, Anvers et, bien sûr, Bâle. Il faudra désormais compter avec Genève. Du 10 au 13 mai, Palexpo accueillera la première édition de GemGenève, salon international entièrement dédié aux pierres précieuses et à la joaillerie. Soit une centaine d’exposants négociants, lapidaires ou encore détaillants issus de PME familiales, qui pourront accueillir acheteurs privés, collectionneurs et particuliers avertis.

Lire aussi: Les nouvelles ambitions de la Genève horlogère

Les dates ont été choisies pour coïncider avec les principales ventes aux enchères du printemps, qui attirent acheteurs, collectionneurs, marchands et conservateurs du monde entier. Une caisse de résonance d’autant plus puissante que, comme vient de le révéler Barnebys.fr – moteur de recherche d’objets d’art et d’antiquités –, la Cité de Calvin enregistre régulièrement les plus belles ventes de diamants du monde, avec des prix gravitant entre 23 et 52 millions d’euros. «Cela va créer un mouvement d’affaires à Genève, bénéfique non seulement pour le métier mais aussi pour la ville», s’enthousiasme François Curiel, président Europe et Asie de la maison Christie’s.

Agendé entre le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) au mois de janvier et le rendez-vous des fournisseurs de composants et d’outillage (EPHJ-EPMT-SMT) au mois de juin, il est certain que le nouveau salon vient renforcer la position de Genève comme carrefour européen des produits de luxe. «Notre ville occupe une place d’autant plus importante pour le secteur de la joaillerie que, depuis quelques années, ce secteur constitue un anticyclique face à l’industrie horlogère. Les professionnels avaient besoin de pouvoir se rencontrer au sein d’un écosystème sécurisé et indépendant du volet horloger», se félicite le ministre de la Sécurité et de l’Economie Pierre Maudet, qui donnera un discours lors de l’inauguration de l’événement.

Insatisfaction

A l’origine de GemGenève, une envie: «Les divers salons auxquels nous participions ne nous donnaient pas satisfaction. On avait l’impression que les organisateurs ne s’intéressaient pas à notre métier, qu’ils voulaient juste savoir si nous reviendrions l’année prochaine sans prendre en compte nos besoins spécifiques», regrette Ronny Totah, coorganisateur de la manifestation genevoise avec Thomas Faerber. Basés à Genève, les deux compères sont négociants en pierres précieuses et bijoux anciens.

En creux, c’est inévitablement l’ombre de la Foire de Bâle qui se dessine. Car si cet événement centenaire est surtout connu pour l’horlogerie, il propose également un espace large dédié aux joailliers. Et depuis deux ans, une hémorragie a fait plonger le nombre des exposants de 1300 à 650 en mars dernier, la proportion entre horlogers et joailliers étant inconnue. En cause, une arrogance ambiante et un appât du gain démesuré. Pourtant, les fondateurs de GemGenève se défendent de toute fronde anti-Bâle. «Nous n’avons rien contre Baselworld, au contraire. J’y ai été exposant pendant quarante-quatre ans, cette foire m’a aidé à bâtir ma carrière. D’ailleurs, seuls six ou sept de nos exposants ont quitté Bâle pour nous rejoindre. Sur un total de 140, c’est minime», insiste Thomas Faerber.

Lire aussi notre éditorial: Salons d'horlogerie: Bâle doit se rapprocher de Genève

Du côté de la cité rhénane, on se dit serein. «Nous considérons que le concept de Baselworld – montrer le meilleur de l’industrie dans toute sa diversité – constitue la solution le plus prometteuse, un point de vue que partagent les plus importants acteurs du marché des pierres précieuses, qui ont à nouveau participé à Baselworld en 2018», assure Christian Jürgens, porte-parole de la foire.

Collégialité

Reste qu’à Genève, l’approche de Ronny Totah et Thomas Faerber a rapidement fait mouche auprès des petites et moyennes entreprises fatiguées des grosses machines et des privilèges offerts aux grands groupes de luxe. L’argument de poids? Une organisation familiale et collégiale, un salon de marchands pour d’autres marchands. Ainsi, les emplacements ne trahissent aucun jeu de pouvoir, aucune hiérarchisation en fonction de la taille ou du chiffre d’affaires de l’entreprise.

Une configuration idéale pour une jeune marque comme Caspita. «L’humanité des organisateurs m’a tout de suite touchée. J’aime leur concept intimiste, car bien sûr qu’en tant que marque nous voulons vendre. Mais j’ai aussi envie d’avoir de la visibilité et d’être reconnue par mes pairs, de découvrir d’autres créateurs aussi. J’ai envie de me faire de nouveaux copains!» se réjouit Arlène Bonnant, fondatrice de la marque.

Même enthousiasme chez Larengregor, joaillier spécialisé dans les pierres précieuses et les bijoux anciens, exposant à Bâle pendant trente ans avant de quitter la foire il y a trois ans. «Notre métier, ce n’est pas seulement vendre. Il faut aussi une atmosphère conviviale et je suis sûr que GemGenève en aura une», loue Jacques Sitbon, à la tête de la PME genevoise.

Pour permettre au public de mieux se familiariser avec l’univers très secret des pierres précieuses, GemGenève ouvrira ses portes au public au prix de 50 francs et propose une entrée gratuite aux étudiants. L’allée centrale du salon sera dévolue à la Haute Ecole d’art et de design-Genève, qui pourra ainsi exposer le travail de ses créateurs.

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