Les Etats ont appris, parfois dans la douleur, à l’écouter. Les banques, non sans serrer leur poing dans la poche, à le respecter. Le GAFI, ou Groupe d’action financière de l’OCDE, s’est imposé au plan mondial comme le super-gendarme international pourchassant l’argent du crime.

Son arme principale est l’ensemble de règles qu’il a édictées pour combattre le blanchiment, les fameuses quarante recommandations. Celles-ci prévoient la dénonciation des soupçons de blanchiment d’argent sale par les institutions financières à une autorité ad hoc dans chaque Etat. En Suisse, c’est au MROS (Money Reporting Office – Switzerland) que revient cette tâche.

L’initiative en revient aux Américains. Tout à leur chasse aux trafiquants de drogue, ces derniers ont été amenés au fil de leurs enquêtes à pister les flux financiers, surtout lorsque ceux-ci les ont conduits dans des banques solidement établies et redoutablement protégées par le secret bancaire. Convainquant leurs partenaires du G8, les Etats-Unis amènent le club des grandes puissances industrielles à instaurer le super-gendarme en 1989.

La Suisse est immédiatement visée. Elle doit introduire dès l’année suivante ses premières dispositions contre le blanchiment, qui introduisent un premier coin dans le secret bancaire. Le dispositif est perfectionné par l’introduction en 1998 de la Loi sur le blanchiment d’argent (LBA). La précédente évaluation de la Suisse en 2005 avait conclu à l’insuffisance de la surveillance des professions non-bancaire (avocats, etc.), lacune comblée en partie depuis lors.