General Electric (GE), l'une des plus grosses capitalisations de la Bourse américaine, s'offre le vaudois VisioWave. C'est plus précisément sa filiale GE Infrastructure Security qui en devient l'actionnaire unique. TF1 (détenteur de 80% des actions) se retire du capital. La transaction, dont le montant demeure secret, a été annoncée vendredi.

Spécialisée dans les systèmes de vidéosurveillance, VisioWave compte parmi ses clients le métro de New York, l'aéroport de Toronto et des autoroutes en France. La société prévoit un chiffre d'affaires de 50 millions de francs en 2005, pour un bénéfice net de 2,5 millions. Forte de ses succès, elle lorgne désormais du côté de l'Asie. Ses performances n'auraient pas été possible sans une collaboration entre Yann Guyonvarc'h, fondateur de VisioWave, et le Laboratoire de traitement des signaux du professeur Murat Kunt à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Deux options possibles

Après la création d'une société à Paris en 1996, Yann Guyonvarc'h envisage de poursuivre ses travaux hors de France. Il pense à la Silicon Valley avant de s'établir à Ecublens (VD), proche de l'EPFL, où il fonde VisioWave en 1998. La société y emploie aujourd'hui près de 90 personnes. «Je suis très content. Cette nouvelle valorise le transfert de technologies mais aussi tous les efforts consentis», témoigne Murat Kunt.

Confronté à une croissance folle (hausse de 200% de ses revenus sur les deux dernières années), VisioWave s'interrogeait depuis plusieurs mois sur son devenir. Deux options se dessinaient: une entrée en Bourse ou un rachat par un grand groupe. La seconde solution a primé. Elle pose désormais la question du maintien de VisioWave à Ecublens. «Les opérations restent en Suisse. Il n'y a pas de plans de changement à moyen terme», répondait vendredi Jay Pinkert, directeur de la communication de GE Infrastructure Security à Austin, au Texas.