Biotechnologie

GeNeuro entrera en bourse à la mi-avril

L’entreprise genevoise, qui développe un traitement novateur contre la sclérose en plaques, a choisi d’être cotée sur Euronext à Paris. Elle espère y récolter entre 35 à 40 millions d’euros

L’entreprise genevoise GeNeuro qui s’attaque à la sclérose en plaques prévoit d’entrer en Bourse, sur Euronext à Paris. Les carnets d’ordre ont été lancés mercredi et seront clôturés mercredi 13 avril. La cotation devrait ainsi démarrer vendredi 15 avril. La société espère y récolter entre 35 à 40 millions d’euros pour finaliser le développement clinique de son candidat médicament phare, l’anticorps monoclonal GNbAC1.

La société, qui compte vingt collaborateurs, a probablement privilégié la bourse de Paris à celle de Zurich, car Euronext répertorie 65 sociétés actives dans les secteurs de la biotech et de la medtech, relève Delphine Le Louët, analyste financière de Société Générale: «On y trouve des gérants, des analystes et des investisseurs. Paris est devenue la première étape d’une société biotech en Europe avant de rechercher des montants plus importants au Nasdaq.»

Fondée par Hervé Perron sur la base de vingt-cinq années de recherche, GeNeuro a développé un anticorps qui, contrairement aux médicaments actuellement disponibles, ne s’attaque pas au système immunitaire pour réduire la progression de la maladie, mais agit sur une protéine rétrovirale endogène (MSRV-Env). Celle-ci semble être une des causes de la sclérose en plaques.

L’entreprise espère, grâce à cette mise bourse, financer la phase IIb qui permettra de vérifier l’efficacité du traitement sur 260 patients, répartis dans 69 centres et 13 pays européens. Les premiers résultats sont attendus fin 2017. «La phase IIa a permis de démontrer que le traitement n’entraînait pas d’effets secondaires, contrairement aux interférons qui attaquent le système immunitaire, note Delphine Le Louët. L’anticorps monoclonal de GeNeuro, qui pourrait être commercialisé en 2022, devrait permettre aux patients de maintenir leurs capacités neuronales et cérébrales. Il devrait freiner, voire stopper la progression de la maladie.» L’analyste, qui valorise l’entreprise entre 155 et 195 millions d’euros, souligne que celle-ci agit sur un marché de 20 milliards d’euros, avec une croissance annuelle de 4 à 5% par année.

«Notre traitement a le potentiel d’offrir un traitement sûr et efficace à plus de 2,5 millions de patients à travers le monde», affirme Jesus Martin-Garcia, directeur de l’entreprise et ancien responsable de l’incubateur genevois Eclosion, cité dans un communiqué de presse.

Pour rappel, GeNeuro a conclu un accord de collaboration et de licence avec le groupe pharmaceutique français Servier – actionnaire à hauteur de 8,6% du capital de GenNeuro – qui s’est engagé à lui verser un montant pouvant atteindre jusqu’à 362,5 millions d’euros, hors royalties, pour continuer le développement du GNbAC1. Dans ce cadre, Servier a accepté de verser à GeNeuro un montant de 37,5 millions d’euros pour l’étude de phase IIb.

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