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Combattre la sclérose en plaques sans toucher au système immunitaire du patient: c’est le pari de GeNeuro.
© Laszlo Beliczay / Keystone

Biotech

GeNeuro veut devenir un Actelion romand

La société développe une nouvelle approche pour lutter contre la sclérose en plaques. Elle a été identifiée comme un «champion de la croissance» par une étude réalisée par la «Handelszeitung» et «Le Temps», en collaboration avec l’institut Statista

«Notre rêve, c’est de créer une société comme Actelion en Suisse romande», s’enthousiasme Jesus Martin-Garcia, directeur de la société genevoise GeNeuro et ancien responsable de l’incubateur Fondation Eclosion. Cette entreprise, qui a levé environ 35,5 millions de francs en entrant en bourse en France en avril 2016, s’attaque à la sclérose en plaques, une maladie auto-immune du système nerveux central qui atteint près de 2 millions de personnes dans le monde.

Face à des concurrents qui se nomment Roche, Biogen ou Merck Serono, l’entreprise développe une nouvelle approche thérapeutique qui cherche à bloquer les mécanismes soupçonnés de causer l’inflammation et la neurodégénérescence de la maladie. GeNeuro propose un traitement différent de ses concurrents, qui ne touche pas au système immunitaire des patients.

Protéine pathogène identifiée

Après vingt-cinq années de recherche, dont quinze au sein du groupe Institut Mérieux et de l’Inserm, Hervé Perron, directeur des affaires scientifiques chez GeNeuro, a identifié une protéine pathogène, nommée MSRV-Env, encodée par des gènes d’origine virale dans l’ADN humain. «Ces gènes sont normalement réprimés dans le génome et n’expriment pas de protéines. Mais ils peuvent être réactivés par certains cofacteurs, tels que les virus herpétiques, et exprimer ensuite une protéine d’enveloppe pathogène (MSRV-Env), explique Jesus Martin-Garcia. On retrouve cette protéine pathogène dans le cerveau des patients atteints de sclérose en plaques, quelle que soit l’évolution de la maladie.»

MSRV-Env est ainsi la cible de GeNeuro. «L’inhibition de cette protéine à travers un anticorps monoclonal devrait avoir un effet sur les deux caractéristiques de la maladie, à savoir sur la neuro-inflammation et la neurodégénérescence», poursuit Jesus Martin-Garcia.

Nous espérons stopper la progression de l’invalidité et proposer ainsi une nouvelle voie. Nous en aurons la confirmation cet automne.

Concrètement, la société GeNeuro a développé un anticorps monoclonal (GNbAC1) actuellement en phase IIb de développement clinique. Il est testé dans douze pays européens auprès de 260 patients. Les résultats seront connus au dernier trimestre 2017. GNbAC1 espère neutraliser MSRV-Env plutôt que de cibler le système immunitaire du patient.

«Il a le potentiel de devenir un traitement sûr et efficace pour ralentir ou arrêter la progression de la maladie sous toutes ses formes. Si la myéline, une substance de la moelle épinière et du cerveau, se répare, nous espérons stopper la progression de l’invalidité et proposer ainsi une nouvelle voie. Nous en aurons la confirmation cet automne», dit Jesus Martin-Garcia, qui aimerait proposer un traitement d’ici à 2021-2022 et vise un marché mondial estimé à 20 milliards de dollars par an. «La phase IIa, réalisée auprès de dix patients, a déjà permis de présenter un très bon profil de sécurité», poursuit-il.

La PME genevoise, fondée en 2006, prévoit aussi de s’attaquer à d’autres pathologies où le MSRV pourrait jouer un rôle, à l’exemple du diabète de type 1 ou de la polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique.

Le défi de la croissance

La société de trente personnes, basée à Plan-les-Ouates et à Archamps, est aussi active à Lyon, où se situe une partie de la recherche fondamentale. GeNeuro souhaite rester indépendante le plus longtemps possible et accompagner son entreprise vers la croissance.

«Notre actionnariat, composé du fonds Eclosion 2, de l’Institut Mérieux, BioMérieux et de Servier, est tourné vers le long terme avec une philosophie de développement industriel», note Jesus Martin-Garcia.

Financés jusqu’en 2018

Les fonds levés lors de la cotation sur l’Euronext à Paris financeront un essai clinique aux Etats Unis en préparation de la phase III, et le développement dans d’autres indications. GeNeuro garde tous les droits sur les recettes tirées du futur traitement contre la sclérose en plaques en Amérique du Nord, au Japon et sur les autres pathologies.

Jesus Martin-Garcia croit fermement en la réussite de son anticorps monoclonal. Seule difficulté de la société, selon lui: le défi de la croissance. «Nous sommes financés jusqu’à fin 2018. Il faudra trouver les talents et le financement pour assurer notre croissance et continuer à nous développer à long terme.»

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