En début d’année précédente, l’ombre menaçante du franc fort planait sur l’Aéroport international de Genève (AIG). Au final, la régie publique autonome y a bien résisté, notamment grâce à la constante croissance des passagers que l’unique piste genevoise accueille. C’est le fait saillant qui ressort de l’examen du rapport annuel de l’institution sur l’exercice 2015, présenté mercredi à Cointrin.

D’abord, le bilan financier. Genève Aéroport clôture l’année sur un chiffre d’affaires en hausse de 4,9% pour s’établir à 423,7 millions de francs, tandis qu’il voit son bénéfice chuter de 14,6% à 74,6 millions. Une chute qui s’explique par la provision exceptionnelle de 10,1 millions que l’institution a dû constituer suite à un arrêt du Tribunal fédéral tombé en septembre 2015. Les juges avaient estimé que l’aéroport avait violé la loi en sous-assurant à la caisse de prévoyance plus d’une centaine de ses employés pendant une quinzaine d’années. Sans cela, son bénéfice aurait crû légèrement de quelque 400 000 francs par rapport à 2014.

Augmentation du trafic passagers

Du côté des revenus, la plateforme aéroportuaire a pu compter sur le dynamisme (+7,8%) de ses activités strictement aéronautiques – notamment les redevances des atterrissages et des passagers qui comptent désormais pour plus de la moitié de ses recettes – pour alimenter sa croissance. D’une part, le trafic des voyageurs a encore augmenté de 4,1% pour s’établir à 15,7 millions de passagers, contre 3,2% pour l’aéroport de Zürich. De l’autre, une nouvelle hausse du montant des redevances perçues a également permis de générer des recettes supplémentaires, mais dans une moindre mesure que l’effet «volume» lié mécaniquement à l’augmentation du nombre de passagers.

En comparaison internationale, l’aéroport de Cointrin se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne. Selon le décompte réalisé par ACI Europe, le trafic de passagers pour 2015 a augmenté de 5,2% par rapport à 2014.

Pour chercher une ombre au tableau, il faut se diriger du côté des revenus liés aux activités non-aéronautiques telles que les recettes générées par l’exploitation des parkings ainsi que les redevances et les loyers des commerces de l’aéroport. L’institution relève que la force du franc suisse et la baisse «importante» de la fréquentation par la clientèle russe ont eu un impact sur le volume d’affaires des boutiques, mais «moins important que prévu», relève son directeur général Robert Deillon. Par ailleurs, les travaux réalisés dans l’aérogare ont aussi contribué à péjorer les résultats commerciaux. En 2015, l’AIG a poursuivi une politique d’investissement à un niveau élevé, soit 112 millions de francs.

En part de marché du trafic de ligne, la compagnie low-cost easyJet occupe toujours et encore le haut du podium avec ses 43,2%. Suivent les compagnies Swiss (15%), British Airways (4,7%), Air France (4,6%) et Lufthansa (3,8%). Les destinations les plus prisées demeurent Londres avec 2,3 millions de passagers, Paris avec plus d’un million de visiteurs puis Amsterdam (645 000), Bruxelles (566 000) et Barcelone (559 000).

Genève formalise son intérêt pour les aéroports lyonnais

Pour faire face à une croissance qui semble aujourd’hui inéluctable – l’aéroport s’attend à accueillir près de 25 millions de passagers en 2030 –, l’AIG a officialisé il y a deux semaines son intérêt pour entrer au capital des Aéroports de Lyon (ADL), annonce Robert Deillon. Et l’appétit pour les 60% des parts que possède l’Etat français dans les plateformes de Saint-Exupéry et de Bron est partagé. «Nous ne sommes pas les seuls» à les convoiter, assure le directeur général.

La régie publique autonome, qui s’est associée pour cette opération à CUBE, une plate-forme d’investissement liée au groupe bancaire BPCE (Banque populaire – Caisse d’Epargne), devrait déposer une offre ferme «début juillet». Selon toute vraisemblance, Robert Deillon n’apposera pas sa signature sur une éventuelle entrée au capital. En place depuis 2006, ce dernier quittera ses fonctions d’ici l’automne. Il sera remplacé par André Schneider, actuellement vice-président Ressources et Infrastructures de l’EPFL.


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