Immobilier

Genève Aéroport s’offre le Centre Swissair pour 72 millions de francs

Le bâtiment est d’un intérêt stratégique puisque collé à la future aile est, un chantier devisé à plus de 480 millions de francs

Genève Aéroport vient de dépenser en une opération, l’équivalent de ce que la plateforme débourse en moyenne par année, depuis plus de dix ans. La facture: 72 millions de francs. Soit un investissement destiné à s’offrir le Centre Swissair, un immense bâtiment sombre situé sur le domaine aéroportuaire, parallèlement au terminus CFF. Plus exactement, entre l’aérogare et l’Arena.

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L’édifice est d’intérêt stratégique, dans la mesure où la future aile est – un chantier démarré cette année et tarifé entre 480 et 620 millions de francs – passe juste devant. L’objet est aussi situé à proximité du nouveau centre de tri des bagages, censé remplacer le dispositif actuel vieux de 30 ans. Coût de l’opération: environ 200 millions de francs, pour un système davantage robotisé.

Construit en 1989, l’immeuble Swissair, composé de cinq étages de bureaux et de sous-sol, est à présent copropriété de l’IATA (International Air Transport Association), du canton et de Cointrin. Il était auparavant codétenu par SAirGroup, en liquidation concordataire à lan suite de la faillite de l’ancienne compagnie nationale. L’édifice est aussi au bénéfice d’un droit de superficie sur le domaine aéroportuaire.

L’IATA reste

«Dans un premier temps, nous allons libérer des locaux dans notre bâtiment principal [les étages au-dessus du terminal aéroportuaire, ndlr], pour déménager certaines de nos équipes dans l’ex-Centre Swissair», indique Bertrand Stämpfli, porte-parole de Genève Aéroport. Les locataires actuels – plusieurs entreprises, dont la compagnie Swiss – restent. «Les loyers sont une source de revenus dont nous ne pouvons pas nous passer», précise-t-il.

Le Centre Swissair, pour l’heure pas totalement rempli, pourrait à terme bénéficier d’un programme de rénovation. Qu’adviendra-t-il de l’IATA, située à l’une des extrémités (côté Palexpo) du complexe? «Nous avons tout dernièrement rencontré les autorités genevoises et aéroportuaires, pour leur confirmer notre intention de rester à Genève», relève un porte-parole de la faîtière des compagnies aériennes.

La nouvelle acquisition immobilière de Cointrin, intervenue le 17 novembre dernier, mais décidée cet été par le Conseil d’Etat, fait partie du panier de projets d’envergure devant permettre à la plateforme de rattraper son retard en matière d’infrastructures. Genève Aéroport s’apprête en effet à accueillir 25 millions de passagers en 2030, contre actuellement plus de 16 millions.

Tripler les investissements

Selon un audit de la Cour des comptes publié en juin dernier, l’aéroport devrait investir, sur ces quatorze prochaines années, plus de 3 milliards de francs, répartis sur six projets d’envergure (lire ci-dessous) pour s’adapter à la demande.

Toutefois, pour repousser ses frontières, Genève Aéroport n’a pas les moyens d’investir seul. Plusieurs pistes seraient envisagées, dont un appel à des fonds privés. L’enjeu: Cointrin doit passer de 50 à 100 millions d’investissements en moyenne par année sur cette dernière décennie, à des dépenses de l’ordre de 150 à 250 millions de francs, jusqu’en 2030.

Cointrin, la Confédération, le canton et certaines communes doivent mettre en consultation publique, début 2017, la fiche du plan sectoriel (PSIA) de l’infrastructure aéroportuaire propre à Genève Aéroport. Sans ce document crucial, la plateforme qui emploie directement 1000 salariés – 10 000 indirectement – ne pourra lancer aucun nouveau chantier d’envergure.


Les six travaux majeurs de Cointrin

- Secteur Est: 620 millions de francs (comprenant l’enfouissement de la route douanière), dont 480 millions pour un nouveau bâtiment de 520 mètres de long, doté de six nouvelles positions au contact pour gros-porteurs.

- Cointrin Vision: 2 milliards de francs, pour 25 000 m2 supplémentaires dédiés aux activités aéroportuaires et une esplanade avec un espace commercial (potentiellement, un business center, des restaurants, des bureaux, un hôtel, des parkings, etc.).

- Baggage Logistics Center: environ 200 millions de francs, pour notamment robotiser le principal centre de tri, désuet et situé dans le bâtiment de l’IATA (Centre Swissair).

- Aile Nord: quelque 250 millions de francs, pour notamment ériger un nouveau terminal VIP et construire des hangars.

- Hall bagages et check-in: respectivement 60 et 26 millions de francs, pour transformer les espaces «arrivées» et «départs».

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