Etude

Genève est «le canton le moins libéral du pays», selon Avenir Suisse

L’indice de liberté des cantons suisses, réalisé par Avenir Suisse, place le Jura en vainqueur en matière de libertés civiles. Le gagnant toutes catégories est le canton d’Argovie. Genève reste «l’indécrottable lanterne rouge du classement»

Pour la cinquième année consécutive, le canton d’Argovie occupe la première place dans l’indice de liberté d’Avenir Suisse, selon un communiqué du laboratoire d’idées. Le canton se classe en deuxième position tant pour les libertés économiques que pour les libertés civiles. Pour ces dernières (permis de construire, choix de l’école, port de cagoule, surveillance vidéo par exemple), le classement est dominé depuis 2007 par le canton du Jura.

Le canton de Schwytz se place en deuxième position mais dépasse Argovie dans le domaine économique. Il est toutefois «à peine au-dessus de la moyenne» en matière de libertés civiles, selon Avenir Suisse. La troisième place du podium appartient à nouveau à Glaris.

Publié annuellement, l’indice de liberté d’Avenir Suisse, rassemble 21 indicateurs économiques et civils. Il est actualisé avec les chiffres de 2013 et présente les résultats de tous les cantons suisses.

Le Jura leader des libertés civiles

Le Jura se situe depuis 2010 parmi les dix cantons les plus libéraux de Suisse, selon Avenir Suisse. Son accès au «top 10» est «essentiellement dû à des valeurs d’indice supérieures à la moyenne pour les libertés civiles et à des finances cantonales plus saines», selon les auteurs. Mais il dispose d’un fort potentiel d’amélioration en termes de liberté économique (fiscalité, quote-part de l’état, heures d’ouverture).

Genève reste le canton le moins libéral de Suisse. Chaque année, c'est lui détient la lanterne rouge. Il obtient 25 points d'un classement dont la moyenne est placée à 50. L’écart est considérable par rapport à l’avant-dernier, Neuchâtel. Il s'élève à 14 points, même si l'an dernier il était de 17 points par rapport au 25ème, Uri à l'époque.

A Genève, la légère réduction de l'écart s’explique «par une nette amélioration de la santé des finances cantonales et de la notation de la dette cantonale», fait valoir le laboratoire d'idées. Les points positifs concernent la légère diminution des délais nécessaires pour obtenir un permis de construire par rapport à l'année précédente. Sur le moyen terme, le «think tank» constate une baisse de la charge fiscale d’une famille moyenne. Enfin, la large absence de monopoles cantonaux appartient aux facteurs positifs.

Cependant, «le canton de Genève arrive nettement en dessous de la moyenne pour 10 des 12 indicateurs économiques», selon l'étude. L'indice de liberté souffre «de longs délais d’obtention de permis de construire, de sa législation stricte en matière de protection des non-fumeurs et de sa densité incroyablement élevée d’installations radar fixes», selon Samuel Rutz et Thomas Schlegel, les deux auteurs de l’analyse. Genève est également restrictif en termes de libre choix de l'école.

Des changements interviennent par rapport à l’année passée, notamment entre la cinquième et la dixième place, même si aucun nouveau canton n’entre dans le Top 10. «Le plus grand gagnant est le canton de Bâle-Campagne, qui grâce à ses finances cantonales saines ainsi qu’à ses courtes procédures d’autorisation de construire passe de la dixième à la cinquième place» observe l’institut. Bâle-Ville grimpe à la sixième place et gagne trois rangs, «grâce à l’amélioration de sa situation financière et l’ouverture étendue de ses magasins».

Vaud souffre de sa quote-part d’Etat

A l’inverse, Appenzell Rhodes-Extérieures chute à la dixième position en raison de la hausse de la quote-part de l’État. En cause aussi, l’augmentation du nombre de radars et la durée des procédures d’autorisation de construire.

Au milieu du classement, on trouve le Tessin (11ème) et Zoug (12ème). Le Valais (17ème) fait partie des grands perdants. Il perd quatre rangs en raison «d’une augmentation de la quote-part de l’Etat et du mauvais état de ses finances cantonales», selon le communiqué. Lucerne (14ème) comme St-Gall (16ème) profitent eux de la bonne situation de leurs finances cantonales et progressent quelque peu.
Dans le bas du classement, peu de changements: Vaud (19ème) et Fribourg (20ème) restent dans le dernier tiers. Vaud souffre de «ses horaires d’ouverture des magasins et de ses taxes d’exploitation dans la restauration», selon Avenir Suisse, et Fribourg de la détérioration des finances cantonales.

Dans le canton de Vaud, 7 des 12 indicateurs économiques se situent en deçà de la moyenne cantonale. «Pour deux d’entre eux («Horaires d’ouverture des magasins» et «Taxes d’exploitation dans la restauration et l’hôtellerie»), le canton de Vaud enregistre même des valeurs d’indice situées dans le dernier tiers du classement. La situation semble un peu meilleure pour les libertés civiles», selon Avenir Suisse.

A l’inverse, le canton de Berne passe de la 23 à la 18ème place avec ses bonnes finances cantonales. Uri (23ème) grimpe de deux places en raison de la baisse des investissements étatiques dans la construction, d’une baisse du taux d’exploitation fiscal et d’une situation fiscale cantonale améliorée. Les Grisons (21ème), Thurgovie (22ème), Neuchâtel (25ème) et Genève (26ème) n’arrivent cependant pas à recoller aux autres cantons suisses. Le cas le plus emblématique de stagnation est celui de la lanterne rouge Genève, qui se retrouve 25 points en dessous de la moyenne des autres cantons tant pour les libertés civiles qu’économiques.

L’utilisateur en ligne peut déterminer chaque paramètre du classement. L’accès interactif aux données permet une comparaison directe et transparente entre cantons, relativement à l’application de différents principes libéraux.

Voir: http://www.avenir-suisse.ch

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