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Les participants du «Mobilehack» avaient 36 heures pour développer des outils numériques encourageant les badauds à visiter les étalages des commerces de proximité. 
© AP Photo/Anja Niedringhaus

E-commerce

A Genève, le commerce de proximité s'empare du numérique

Les participants du Mobilehack avaient 36 heures pour développer de nouveaux outils de e-commerce. De quoi sauver les petits magasins, perdants de l’Internet?

Les outils numériques servent d’ordinaire à contourner leurs boutiques. A l’ère de Zalando et Amazon, les commerçants de rue ont appris à détester la concurrence de ces nouveaux étalages dématérialisés. Ce week-end, une trentaine d’entrepreneurs – pour la plupart non-issus du secteur – se sont donné pour mission de développer des solutions d’e-commerce pour ces perdants de l’ère numérique.

Organisé dans les locaux de l’incubateur de start-up Seedspace, dans la zone industrielle de la Praille (GE), le «Mobilehack» s’adressait à un secteur traditionnellement «très réticent» envers les nouvelles technologies, reconnaît Stéphane Journot, maître des lieux et coorganisateur de l’événement. «Les commerçants nous le disent tous: certains clients se rendent dans leur magasin, testent les produits et prennent des photos. Puis ils retournent chez eux pour acheter via des plateformes d’e-commerce.»

Lire aussi :  «Quand une maison de maître genevoise se mue en incubateur de start-up»

36 heures pour innover

En pleine expansion en Suisse, l’e-commerce – +21% l’année dernière – accentue la pression sur les marges des détaillants, générant quelque 11,2 milliards de francs, selon le dernier rapport de la faîtière Netcomm. C’est dans l’objectif de contrer ces plateformes mais aussi de diminuer l’empreinte écologique de la région que les participants de ce hackathon du commerce de proximité – répartis en cinq équipes – ont planché sur de nouveaux outils numériques pendant 36 heures.

Uber du recyclage, sondages vidéo express ou nouveaux systèmes de consignes liés au tri des déchets: certains projets se sont passablement écartés de la thématique de base. L’équipe derrière Qwak, un moteur de recherche permettant de référencer les produits locaux, est d’ailleurs la seule à être allée à la rencontre des commerçants. «Ils n’ont ni l’envie ni le temps de prendre tous leurs produits en photos ou de gérer leur stock sur le net», explique la développeuse Sophie Schmidt, qui a passé 4 heures dans les boutiques de Carouge.

Son collègue Assad Navi, diplômé en ingénierie de l’EPFL, complète: «On ne peut pas non plus arriver avec la dernière technologie. Il faut qu’on arrive avec une plateforme flexible qui permette aux gens de faire le saut du numérique.» Solution: un site permettant d’ajouter des produits aussi facilement que l’on poste des photos sur Facebook et, en option, une white-box portable pour aider les commerçants à mettre en valeur les photos de leurs produits.

Bousculer les participants

Dans les couloirs de Seedspace, plusieurs «mentors» accompagnent les apprentis entrepreneurs dans leurs démarches. Reginald Bien-Aimé, organisateur des FuckUp Nights, des soirées de catharsis où l’on se retrouve autour d’échecs entrepreneuriats, est venu bousculer un peu les participants: «Certains partent déjà avec leurs propres certitudes sans avoir fait d’étude de marché. Mon rôle c’est de les défier un peu, le jury fera de même tout à l’heure.»

A ses côtés, Roxane Allot approuve. L’avocate-stagiaire en est à son deuxième hackathon: «Les participants ne se posent parfois tout simplement pas les bonnes questions. Il m’est arrivé de voir des gens discuter de Fintech (technologies financières), sans personne pour soulever des questions juridiques.»

Cohérence primée

Il est presque 18h. Les équipes peaufinent leur stratégie. Du côté du projet «Local gem», c’est Alexandra – plus à l’aise en anglais qu’Admir – qui effectuera la présentation du site de bonnes affaires destiné aux commerces locaux. Avec les développeurs de Qwak, les deux informaticiens sont les seuls à s’être concentrés sur la problématique du commerce de proximité. Un phénomène fréquent, rappelle Stéphane Journot: «Certains se rendent aux hackathons avec des projets déjà développés de leur côté. Pour eux, l’expérience s’apparente davantage à un pitching day (exercice de synthèse d’un projet ndlr.

C’est pourtant la cohérence que décidera de primer puisque c’est Qwak et Local Gem qui remporteront le premier prix: six mois d’accès aux locaux de Seedspace et un suivi personnalisé dans le développement de leur start-up.

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