«Notre étude ne tient pas compte de l'évolution rapide, forte, et peut-être chaotique de ces dernières semaines.» Dominique Frei, directeur de l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT) de Genève, présentait jeudi une photographie détaillée de l'économie du canton. Effectuée avec la Chambre de commerce et d'industrie, l'OCSTAT et la Banque Cantonale de Genève (BCGE), elle montre une économie en forte croissance. Un exemple, l'emploi: une croissance de 4,1% entre juin 2007 et 2008, «historique».

«Nos chiffres ne tiennent compte que du premier semestre de cette année», regrette Dominique Frei. Pas de trace donc des turbulences financières qui grandissent depuis l'été.

Moins exposé que Zurich

Il semble y avoir un «basculement» et il y aura un «impact», ont admis plusieurs intervenants lors de la présentation de l'étude, mais il est difficile à évaluer pour le moment. Par exemple, l'évolution du nombre de permis de travail à fin septembre ne connaît pas de «cassure», observe le directeur de l'OCSTAT. Qui ajoute que, côté finance, Genève est «mieux positionné que Zurich: le poids des deux grandes banques y est moindre et la gestion de fortune résiste mieux à la crise que les banques commerciales».

Blaise Goetschin, directeur général de la BCGE, se déclare «confiant dans l'économie réelle» de la Suisse. «A qualité de risque égale, il n'y a pas de changement dans l'acheminement du crédit aux entreprises de la région», ajoute-t-il. Pour Dominique Frei, l'horlogerie devrait résister au ralentissement conjoncturel grâce à sa clientèle asiatique. Un participant glisse cependant que l'Etat devrait se préparer à un recul des recettes fiscales.