Industrie

A Genève, les employés d’ABB Sécheron sur le sentier de la grève

Coup de massue pour les salariés genevois à la suite de la démission de leur directeur général. La maison mère chercherait à délocaliser jusqu’à 180 des 330 postes de travail que compte sa filiale du bout du lac

ABB Sécheron, l’un des fleurons de l’industrie genevoise, serait en passe de déserter le bout du Léman. Du moins en grande partie. Les rumeurs persistantes vont bon train depuis plusieurs semaines. Elles portent notamment sur la perte, voilà de nombreux mois, des deux principaux clients de la filiale du groupe helvético-suédois. Un revers qui n’aurait toutefois pas empêché le site de Meyrin-Satigny de maintenir sa rentabilité, semble-t-il parmi les plus élevées de la multinationale. Et ce, depuis plus de dix ans, à en croire plusieurs sources proches de la société.

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Non, les bruits de couloirs les plus inquiétants concernent la délocalisation d’une grande partie de la production et la suppression de 130 à 180 emplois. Soit potentiellement plus de la moitié des effectifs que comptent les ateliers dépendant du groupe basé à Zurich.

Le personnel doit rencontrer la direction de sa maison mère la semaine prochaine pour en parler. Ses craintes se sont dernièrement cristallisées autour de la démission surprise du directeur général de la filiale, Jean-Luc Favre. Un choc pour les salariés d’ABB Sécheron. Mais aussi pour la Genève économique, politique et syndicale, les qualités de cet entrepreneur originaire de France voisine, mais ayant étudié à l’EPFL, étant reconnues et appréciées presque unanimement par l’ensemble des milieux professionnels du canton, ainsi que des partenaires sociaux.

Protestations appuyées en vue

Le départ, avec effet immédiat, de Jean-Luc Favre – en poste depuis 25 ans – traduirait selon certains un désaccord entre les plans de restructuration du groupe et le désormais ex-patron d’ABB Sécheron. Contactés, aucun des acteurs précités n’a pour l’heure souhaité donner d’explications sur les raisons de cette séparation, ni spécifié les projets concernant Genève.

Après avoir mis la pression sur leur direction pour obtenir des informations claires sur la situation, les employés d’ABB Sécheron ont décidé de protester encore plus vivement. Ce nouvel appel à se mobiliser pourrait-il conduire à un débrayage, voire déclencher une grève? A ce stade, ne sachant pas exactement le sort qui lui est réservé, le personnel entend, dans un premier temps, exiger des garanties.

Suivant l’évolution des pourparlers, des mesures de lutte encore plus fermes risquent d’être mises en œuvre. Dans l’intervalle, des discussions sont prévues entre ABB et le canton pour tenter de trouver une issue satisfaisante pour l’ensemble des parties prenantes.

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