économie

A Genève, les entreprises étrangères dégraissent, la Rive gauche se dépeuple

L’aspirateur à multinationales est en panne. Pire: certaines agences de relocalisation ont multiplié par plus de trois leurs activités d’accompagnement au départ

Les entreprises étrangères à Genève n’embauchent plus, le franc fort fait mal. Certaines licencient même. Plus ou moins discrètement. Cette tendance, qui n’entraîne pas de fermetures de site, est toutefois marquée: «Traditionnellement, les réductions de voilure représentaient entre 5 et 8% de nos mandats. Depuis deux ans environ, c’est 25% de nos activités», constate clairement Pierre Jéronimo, directeur général de Geneva Relocation et président de l'Association suisse des agences de relocalisation.

Genève subit une importante baisse des arrivées de multinationales. Surtout celles actives dans le secteur bancaire ou assimilé. «On observe un recul régulier des implantations de 20% par an, depuis 2010», souligne Pierre Jéronimo.

Lire aussi: «Genève évalue son pouvoir de séduction»

La Rive droite en vogue

Les spécialistes de l’assistance au déménagement que nous avons interrogés sont quasi tous unanimes: à ce phénomène d’arrivées au compte-gouttes, s’ajoute une désertification rampante de la Rive gauche genevoise. «Aujourd’hui, quand une société étrangère relocalise à Genève, elle vise essentiellement la Rive droite», observe Pierre Jéronimo.

Aujourd’hui, quand une société étrangère relocalise à Genève, elle vise essentiellement la Rive droite

Normal, il y a davantage de bureaux de ce côté-là du Léman? «C’est surtout que le périmètre est moins cher. Cette concentration, au plus proche de la gare ou de l’aéroport, répond aussi à des calculs logistiques, pour éviter aux salariés [ndlr: les étrangers sous contrat local remplaçant les traditionnels expatriés] les problèmes de trafic du centre-ville», corrige notre interlocuteur.

La Côte semble avoir la cote

Côté logements, la situation est moins claire. «La Rive gauche, quartiers de Champel et des Eaux-Vives en tête, reste prisée», estime Eugénie Dunant, fondatrice d’ED Relocation Services. En particulier des avocats, des fiscalistes ou des traders et «ceux qui ont les moyens et qui recherchent le prestige du cadre ou le sentiment de sécurité qu’il peut procurer.» Même son de cloche du côté de Lodge Services Relocation. Pierre Jéronimo se veut en revanche plus nuancé: «Voilà environ deux à trois ans que certaines maisons, par exemple à Corsier [commune résidentielle de la Rive gauche], ne trouvent toujours pas de locataires.»

Toutefois, si l’on considère le Grand Genève, le bilan apparaît plus favorable. À en croire Eugénie Dunant, la périphérie lémanique de l’agglomération connaît un regain d’intérêt pour pour ce qui est du choix de l’installation de locaux commerciaux, mais également pour les logements. Quoique. «À Nyon, par exemple, certaines régies ont commencé à ne pas facturer le premier mois de loyer», nuance Pierre Jéronimo.

Publicité