Genève n’a jamais séduit autant d’entreprises étrangères qu’en 2014

Promotion Le canton a enregistré un record de 35 implantations, pour 450 emplois espérés dans trois ans

Des noms comme Tesla, Santen, Roquette ou SGP Technologies figurent sur la liste

Année 2014 historique. Malgré un climat d’incertitude (mise en œuvre de la votation du 9 février contre l’immigration de masse, réforme de la fiscalité des entreprises, etc.), censé décourager les investissements, Genève a accueilli 35 nouvelles entreprises étrangères sur son sol. Soit cinq de mieux qu’en 2013. Et même 12 de plus qu’il y a trois ans.

Mais ce qui fait de 2014 l’année record de cette dernière décennie, c’est aussi le nombre d’emplois créés à travers les récents ancrages locaux. Dans l’immédiat, 170 nouveaux postes sont attendus. Et à l’horizon 2017, le Service genevois de la promotion économique (SPEG), cheville ouvrière de ces implantations, s’attend à 450 places de travail supplémentaires. Soit une hausse de 50% par rapport à la cuvée 2013.

Un résultat qui s’explique notamment par la qualité des nouveaux acteurs en présence. Sur la liste 2014 du SPEG, que Le Temps a pu consulter en primeur, figurent des sociétés telles que la banque russe VTB, le spécialiste allemand AISC, qui vient consolider le «cluster» des arômes et parfums (Firmenich, Givaudan, Coty, Procter & Gamble, etc.), et le saoudien Simprex3D, actif dans l’impression numérique. Corollaire de ces implantations: plus d’une vingtaine d’emplois d’ici à 2017.

Mais il y a aussi le français Roquette, numéro un mondial de l’amidon et de ses dérivés, qui s’est installé dans le complexe administratif de Blandonnet pour y lancer ses premières activités internationales de négoce. A terme, l’entreprise devrait générer une trentaine de places de travail.

SGP Technologies, coentreprise américaine à l’origine du développement du smartphone sécurisé Blackphone, fait aussi partie de ces nouveaux venus au potentiel prometteur: entre 50 et 60 postes sur trois ans. Autre arrivant: Tesla Motors, dont l’ouverture d’un show­room au cœur de Genève était connue, mais qui en sus de ce pignon sur rue promet d’engager une dizaine de commerciaux, pour doper les ventes de ses voitures électriques, dont les prix s’échelonnent entre 72 000 et près de 96 000 francs.

Le japonais Santen Pharmaceutical vient compléter le tableau. Comme nous l’avions révélé en décembre dernier, la multinationale vient d’ouvrir à Genève une plateforme commerciale aux dimensions européennes, avec au minimum une trentaine d’emplois à clé. Sur ce dossier, Genève était en concurrence avec plusieurs autres cantons. La présence sur son sol du Campus Biotech, ex-site de Merck Serono aujourd’hui propriété des milliardaires suisses Ernesto Bertarelli et Hansjörg Wyss, n’est pas étrangère à cette victoire. Le microcosme nippon (JTI, Otsuka, etc.) a également beaucoup aidé. Contexte culturel oblige, selon le SPEG.

Sur les 35 nouvelles sociétés étrangères implantées en territoire genevois, 13 sont françaises, six sont américaines, trois sont russes et quatre sont indiennes ou chinoises. Le solde comprend notamment des entités égyptienne, pakistanaise, britanniques ou mexicaine, acquises davantage par opportunité que par un effort de prospection, comme c’est le cas pour les marchés américain, chinois ou japonais.

Comment s’annonce l’exercice 2015? La levée du taux plancher a dégradé l’attractivité de Genève. «Au vu des négociations en cours, nous n’avons pas encore à déplorer de refus d’implantation dus au franc fort», résume Daniel Loeffler, directeur du SPEG. Pour l’heure, le nombre de départs semble être compensé par les nouvelles arrivées. «Mais une chose est sûre, conclut-il. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous permettre de vendre uniquement nos atouts, nous devons aussi accompagner l’installation des candidats étrangers, soit les mettre en relation avec d’autres sociétés, et aller jusqu’à les aider à trouver, voire carrément visiter avec eux des locaux.»

«Nous n’avons pas encore à déplorer de refus d’installation de sociétés en raison du franc fort»