Stratégie

Genève n’est pas à la hauteur du plus grand Salon financier au monde

Sibos ne reviendra pas à Palexpo en 2022, comme espéré. Les milieux hôteliers du bout du lac, qui n'ont pas impressionné les organisateurs et espèrent corriger le tir pour 2025, doivent se réunir en janvier prochain afin d'améliorer les capacités d’accueil du canton

Genève a besoin de se renouveler si la destination souhaite rester parmi les locomotives touristiques d’Europe. C’est en ces termes que le président de la Société des hôteliers du bout du lac (SHG), Thierry Lavalley, a amorcé son discours ce lundi soir, à l’occasion de la traditionnelle Assemblée générale d’automne de la branche, faisant notamment référence au refus en février dernier par le peuple du projet d’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire.

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«Une Cité calme, sage et chère n’a jamais attiré beaucoup de monde», renchérit celui qui dirige également le Kempinski, l’un des plus gros porteurs cinq étoiles du pays. Et ce dernier de citer en exemple le dépoussiérage des Fêtes de Genève – depuis rebaptisées Geneva Lake Festival –, événement indispensable pour assurer le «remplissage des hôtels durant la période estivale». Seul hic: les travaux pour que la manifestation se tienne à nouveau en 2017 s’annoncent ardus. Aux défis d’ordre notamment financier, s’ajoute la question de savoir si les Pré-Fêtes, supprimées en juillet, seront remplacées par une autre animation. Si oui, laquelle?

Le tourisme d’affaires (entreprises, conférences et organisation internationales) représente 80% des revenus hôteliers à Genève. «En termes de nuitées, les deux premiers trimestres de cette année ont été médiocres. Un résultat que les bonnes performances de ces six derniers mois devraient à peine compenser», ajoute Thierry Lavalley. Bilan: dans le meilleur des cas, l’exercice actuel s’annonce comme le miroir d’une année 2015 décevante, «voire moins bonne, pour certains établissements», précise-t-il.

Convaincre à nouveau

Parmi les événements phares de la cuvée touristique en cours au bout du lac: Sibos. Soit la principale foire financière au monde, qui a réuni fin septembre dernier à Palexpo quelque 8300 participants. «Cette manifestation a révélé des écueils en termes de capacité», indique Thierry Lavalley. Et Pierre Maudet, ministre genevois de l’économie de renchérir: «Il faut réajuster nos paramètres et revoir certains fondamentaux pour renouer avec le succès.»

Genève, qui avait réussi à séduire Sibos en 2016 (plus de 65 millions de francs de retombées économiques estimées), espérait renouveler cet exploit six ans plus tard. Mais les organisateurs ont choisi une autre destination. «Nous aurions pu faire mieux», déplore l’élu PLR. Un groupe de travail, regroupant les milieux touristiques genevois et qui se réunira une première fois en janvier prochain, doit permettre de corriger le tir.

«Notre marge de progression est certaine», résume encore Pierre Maudet, affirmant au passage sa volonté de mieux cadrer les activités d’Airbnb dans le canton, afin de garantir une concurrence loyale envers les hôteliers de la place. Et Thierry Lavalley de conclure: «Il s’agira, via cette nouvelle «task force», de clarifier nos besoins, de chiffrer clairement nos limites et de mieux nous coordonner [ndlr: Genève compte 65 établissements, toutes catégories confondues, ce qui complique la logistique d’accueil] pour établir une feuille de route commune gagnante.» L’objectif étant d’assurer notamment que Sibos reviendra à Palexpo en 2025.

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