Les câbles à très haute tension, qui jouxtent le front Sud de Genève Aéroport et courent à bonne hauteur sur cinq kilomètres entre les quartiers du Grand-Saconnex et de Meyrin, gênent. Ils interdisent pour l’heure toute construction à proximité. Pour que le tarmac puisse développer ses infrastructures appelées à accueillir 25 millions de passagers en 2030, contre actuellement 16 millions, il doit dégager de la marge foncière. La ligne électrique est donc appelée à disparaître en sous-sol.

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Le canton et Cointrin ont annoncé lundi que ce maillage aérien, passant devant le terminal et l’autoroute A1, faisait l’objet depuis la semaine dernière d’une demande d’enfouissement par Swissgrid. En tenant compte de la durée des procédures d’autorisation fédérale, les travaux d’ensevelissement pourraient débuter l’été 2018. Ils dureraient alors environ trois ans.

Le chantier n’est pas anodin. Il correspond à une étape préliminaire incontournable à l’essor du tarmac genevois. Tel que le prévoit notamment la feuille de route élaborée depuis 2012 par les autorités aéroportuaires et baptisé Cointrin Vision. Les plans de cet ambitieux projet, devisé à quelque 2 milliards de francs, dont 1,2 milliard rien que pour les parties aéroportuaires, laissent entrevoir un nouveau pôle d’activités enjambant l’autoroute. A condition que toutes les parties prenantes (canton, aéroport, communes, propriétaires privés) trouvent un terrain d’entente, notamment en termes de financement des multiples chantiers envisagés, voire de répartition des parcelles libérées.

Potentiel économique, immobilier, énergétique et environnemental

«Une demande de renseignements est en cours d’instruction en vue de l’élaboration d’un plan localisé de quartier», indiquent les autorités qui, dans le cadre des grands projets d’aménagement du Grand-Saconnex et de Vernier-Meyrin-Aéroport, prévoient déjà à ce stade la construction de nouveaux bâtiments d’activités, ainsi qu’une nouvelle «contre-route» destinée notamment à la mobilité douce pour la future ligne 23 (bus électrique TOSA, développé par ABB).

Cointrin Vision va encore plus loin. Ses plans annoncent l’aménagement d’une esplanade de 12 000 m² qui, dotée d’une zone de business center, d’une galerie commerciale, de davantage de bureaux, des restaurants et/ou un hôtel, ainsi qu’un nouveau parking avait été estimée à environ 550 millions de francs. Sans oublier la construction d’une plateforme de transports publics multimodale, pour 250 millions de francs supplémentaires.

A elle seule, l’enveloppe pour les travaux annoncés lundi, prévoyant également la mise en place d’un réseau thermique renouvelable «GeniLac», lequel consiste à alimenter le quartier de Cointrin et l’aéroport en chaleur et en froid avec l’eau du lac, est établie à 105 millions de francs.

La clé de répartition envisagée dans le cadre de Cointrin Vision pour l’enfouissement de la ligne à très haute tension attribue au tarmac 25% des coûts. Idem en ce qui concerne les partenaires privés, pouvant le cas échéant contribuer via un consortium mixte. Le solde, soit 50%, reviendrait alors à l’Etat.