Commerce de détail

Genève pourrait s’inspirer de New York pour contrer le tourisme d’achat

Face au franc fort et à la concurrence d’Internet, les magasins du bout du Léman réfléchissent à une stratégie axée sur les réseaux sociaux, l’événementiel et une mutualisation des efforts entre arcades

Le commerce de détail genevois a connu une embellie en septembre dernier. «La fréquentation est stable, mais comme une seule hirondelle ne fait pas le printemps, il faut rester vigilants», prévient Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de l’Economie et de la Sécurité. Si les spécialistes tablent ces prochains mois sur une amélioration de la situation économique en Suisse, il n’est pas certain que toutes les boutiques en profitent.

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Toujours minées par certains réflexes des consommateurs, auprès desquels le franc fort a agi comme un répulsif, ainsi que par la concurrence en ligne, les magasins du bout du Léman ont décidé de se prendre en main. Ce vendredi, à l’occasion du Forum économie numérique organisé à la Fédération des entreprises romandes Genève, les enseignes du canton entendent proposer des pistes d’amélioration. Un renouvellement qui pourrait s’inspirer d’idées puisées outre-Atlantique.

Animer les temples du shopping

«Notre mission économique à New York du printemps dernier nous a permis d’identifier des dernières tendances pour attirer les clients. Ces dernières impliquent de travailler en réseau et d’utiliser le commerce électronique comme levier, plutôt que de confiner les grandes surfaces au rôle d’arcades d’exposition», résume le magistrat PLR, dans le cadre de l’annonce des lauréats 2017 des prix pour l’économie genevoise. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas par hasard si Eastside, une boutique aux Eaux-Vives d’inspiration new-yorkaise, a été primée cette année dans la catégorie créativité.

Les commerçants sont aussi invités à travailler ensemble pour animer leur plateforme

Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de l’Economie et de la Sécurité

Dans les centres commerciaux dernier cri de la Grosse Pomme, les échoppes qui y sont logées préparent notamment leur clientèle sur les réseaux sociaux. En leur permettant par exemple de visualiser, en amont et en ligne, leur parcours shopping. «Les commerçants sont aussi invités à travailler ensemble pour animer leur plateforme et amener le petit plus d’émotion pour attirer le chaland», précise Pierre Maudet.

Verra-t-on un jour des concerts de pop ou des séances publiques de salsa dans les couloirs de Balexert et à La Praille? Le Mall of Switzerland, dans la banlieue de Lucerne, une nouvelle structure de 65 000 m² devisée à plus de 450 millions de francs, semble en tous les cas vouloir adopter ce genre de concept.

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