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Les métiers industriels ne font plus rêver la nouvelle génération.
© AP Photo/Kiichiro Sato

Formation

Genève prescrit une cure de jouvence à son industrie

Le canton propose d’injecter du sang neuf dans ses usines, en incitant les jeunes à s’orienter vers les métiers manufacturiers

L’industrie genevoise a un problème d’image auprès des jeunes. Un constat qui pousse le canton de Genève et les milieux professionnels concernés à lancer ce lundi une opération de séduction – essentiellement en ligne – sur les métiers techniques. Le secteur industriel représente «8% des emplois, 60% de la valeur des exportations cantonales en 2016 et 15% du produit intérieur brut genevois», souligne Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé du Département de la sécurité et de l’économie. Selon lui, il était temps d’agir.

Lire aussi: La version 4.0 de l’industrie du bout du lac

Objectif de la campagne, baptisée #LeMondeDeDemain: doper le nombre d’emplois dans ce secteur. Mais aussi attirer davantage de femmes. «Ces dernières restent encore sous-représentées dans des domaines comme la microtechnique», regrette Nicolas Aune, secrétaire général de l’Union industrielle genevoise.

Dépoussiérer le secteur

La part de la branche manufacturière, pourtant ciblée par cette campagne, n’est quant à elle pas évaluée. Le secteur cherche à se renouveler. Ses emplois sont occupés par des employés qui ont débuté dans les années 1970, «ce qui veut dire qu’ils sont plus de 17 000 à partir à la retraite chaque année», estime Pierre Maudet.

Pour appuyer ses propos, le conseiller d’Etat PLR cite Hans Hess, président de l’association Swissmem, qui a dit en 2015 que «d’ici à 2020, 80 000 postes de travail seront à repourvoir dans l’industrie en Suisse», autant de départs à la retraite qu’il faudra combler. «Le manque se ressent déjà. Le canton de Thurgovie peine à trouver de la main-d’œuvre et va la chercher en Allemagne. Il faut que nous formions davantage de jeunes», insiste Pierre Maudet.

Faire à nouveau rêver

Les métiers industriels ne font plus rêver la nouvelle génération. On craint que les entreprises ne délocalisent. Et la rémunération est jugée peu attrayante. «C’est faux, rétorque Pierre Maudet. Le secteur a changé et l’enjeu central est d’opérer un virage technologique. La numérisation est un facteur potentiel de développement.»

Convaincre les générations Y et suivantes est une chose. Persuader leurs parents en est une autre. «Il faut les rassurer. Le secteur est porteur et le salaire médian dans les manufactures genevoises s’élève à 7291 francs», précise Nicolas Aune.

Rendre plus sexy

De nos jours, un quart des jeunes seulement s’intéressent aux métiers techniques. Un engouement faible pour Frédérique Reeb-Landry, directrice générale de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève: «Il faut motiver la relève et rendre les métiers techniques un peu plus sexy.»

Comment? Avec un slogan hashtag, un nouveau site internet et quelques journées portes ouvertes. Soit un investissement de 200 000 francs au total, pour redynamiser un secteur qui cumule 25 000 places de travail. «C’est une question moins de moyens que d’intérêt, relève François Abbé-Decarroux, directeur général de la Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO). Genève est un canton particulier qui s’inspire du modèle français au détriment de la formation professionnelle.» Selon lui, seulement 33% des étudiants de son institution sont issus d’une telle filière.

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