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L’Aéroport de Genève et la nouvelle Association genevoise d’aviation d’affaires sont à pied d’œuvre pour sortir de l’impasse.
© SALVATORE DI NOLFI, KEYSTONE SALVATORE DI NOLFI

Tensions

Genève s’efforce de préserver ses jets

Cointrin a densifié ses parkings dédiés à l’aviation d’affaires, pour accueillir jusqu’à 30% d’appareils supplémentaires. La plateforme genevoise lorgne également les tarmacs lyonnais, dont un est exclusivement voué à l’aéronautique privée

De l’aveu de ses responsables, Genève Aéroport gérer la coexistence de ses divers types d’aviation (commerciale et privée) n’est pas chose aisée. Ce d’autant plus que la croissance de Cointrin, appelé à passer de 16 millions e passagers actuellement, à 25 millions en 2030, devrait creuser l’écart entre l’aéronautique d’affaires et les vols de ligne. Car contrairement à d’autres tarmacs européens, celui du bout du lac ne dispose pas d’infrastructures séparées pour le trafic régulier et les jets. Il dessert tous ses clients avec une seule piste. Et ne dispose plus d’aucune réserve foncière pour améliorer sa marge de manœuvre.

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Si la plateforme genevoise (Environ 60% des parts de marché suisse, contre quelque 30% pour Zürich) reste la plus importante d’Europe pour l’aviation d’affaires, après Paris-Le Bourget, sa capacité à répondre – même avec le maintien de quatre vols par heure – à la demande croissante de ce secteur ne cesse de reculer. Lentement, mais sûrement. Exemple: les mouvements de jets seraient passés d’environ 30% en 2014, à quelque 25% aujourd’hui. De nombreux acteurs se sont depuis rabattus vers les tarmacs d’Annecy, de Payerne, de Sion ou de Chambéry.

«La situation, déjà très inquiétante, pourrait bientôt devenir dramatique, indique Walter Chetcuti, directeur de MSC Aviation et président de la jeune Association genevoise d’aviation d’affaires (AGAA). La piste de Cointrin est trop sollicitée, avec des pics durant les vacances d’hiver et les vols charters l’été.» Selon lui, les conflits entre créneaux horaires s’accentuant, il n’y aura bientôt plus de place pour l’aéronautique privée, pourtant essentielle à l’activité économique de la région.

Comme dans le jeu Tetris

Plusieurs initiatives sont en cours d’analyse pour tenter d’atténuer – à défaut d’enrayer – le problème. «Toutes les mesures envisagées ne sont pas abouties, comme celle d’améliorer les moyens de contrôle aérien, afin de réduire – quelques secondes supplémentaires suffiraient – les temps d’approche et d’occupation de la piste, en prévoyant par exemple des voies de libération plus rapides», indique Walter Chetcuti qui, avec plusieurs autres opérateurs genevois, s’emploie depuis l’an dernier à renforcer le dialogue avec Cointrin.

Dernières actions mises en œuvre avec le concours de l’AGAA, avant l’entrée en fonction cet automne d’André Schneider, le nouveau directeur de Genève Aéroport: optimiser l’utilisation du système de réservation des créneaux horaires et densifier le stationnement. Pour parer à toute éventualité, certains opérateurs se livrent en effet à une surréservation volontaire des disponibilités de la piste, jusqu’à 50%, empêchant d’autres de les utiliser. Ce phénomène d’abus a été reconnu et des mesures correctives déjà articulées, comme la mise en place de dépôts, perdus en cas de vol non effectué.

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Pour ce qui est des parkings, l’optimisation en cours prévoit d’augmenter la capacité d’accueil de 20 à 30%, en déposant les passagers dans un secteur donné, avant de tracter les appareils plus loin, afin de les serrer les uns à côté des autres, «un peu comme dans Tetris, le jeu vidéo de puzzle», signale Bertrand Stämpfli, porte-parole du tarmac.

La carte du partenariat naturel

Parmi les sentiers encore à explorer pour sortir de l’impasse: l’entrée au capital – privatisation de 60% des parts – des aéroports de Lyon, Saint-Exupéry et Bron, ce dernier étant le 3e tarmac le plus important de France pour les vols d’affaires. Cointrin, qui fait partie d’un consortium d’investisseurs potentiels, a déposé le 12 mai dernier une offre indicative. Il est prévu de présenter une enchère ferme début juillet. La décision finale de Paris est attendue pour le mois suivant.

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De l’avis de nombreux observateurs, la proximité géographique des deux plateformes, bien que source de concurrence, est également vectrice de synergies potentielles. Mais à ce stade, la candidature genevoise ne fait pas l’unanimité, au motif qu’une prise de contrôle se ferait nécessairement au profit de Cointrin. «Une répartition équilibrée n’est pourtant pas si illusoire, se défendent les milieux des jets privés genevois. Le hub lyonnais est une alternative de débordement intéressante, à condition que l’on établisse une liaison directe par rail entre les deux tarmacs.»

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