«Nous arrivons à point nommé, mais notre initiative n'est pas opportuniste. Nous nous sommes lancés il y a deux ans déjà, persuadés que la finance devait retourner au service de l'économie réelle.» Angela de Wolff préside Sustainable Finance Geneva (SFG). Son association se présente au public pour la première fois aujourd'hui. Elle vise à convaincre les investisseurs d'intégrer dans leurs décisions les dimensions économiques, sociales, environnementales et de gouvernance.

Cette finance durable, qui existe pourtant depuis plus de dix ans, reste, selon elle, encore méconnue. La crise actuelle pourrait lui donner un nouvel élan. Angela de Wolff attend ce soir à Genève quelque 250 professionnels. «La plupart d'entre eux ne connaissent pas ce style d'approche, preuve que l'intérêt est là.»

Soutenue par les banques à travers Genève Place financière, la SFG compte pour l'instant une quinzaine de membres tels Ethos, BlueOrchard, Wise ou encore un acteur public de poids, le programme de l'ONU pour l'environnement.

Paradoxe suisse

Dans le monde, entre 5 et 8% des sommes investies suivent une forme ou une autre de finance durable, selon Angela de Wolff. En Suisse, elles représentent à peine 1%. Paradoxalement, explique-t-elle, des acteurs suisses, comme SAM (Sustainable Asset Management), ont joué un rôle de pionnier. Pourtant, leurs conseils ont surtout été prodigués auprès de la clientèle internationale.

Côté rendement, l'investissement socialement responsable subit lui aussi la crise. A l'image du secteur, les fonds de placement de SAM perdent plus de 20% depuis janvier. «Seuls les investissements dans la microfinance s'avèrent décorrélés», souligne Angela de Wolff. Elle estime cependant qu'à performance égale, il est possible d'investir en respectant les critères durables. Avant d'ajouter: «La surperformance excessive n'est de toute façon pas compatible avec notre approche.»

Au-delà de son objectif d'information, la SFG veut profiler Genève sur ce créneau. Londres a déjà conquis les investisseurs institutionnels, mais il reste une place à prendre dans la gestion de fortune, juge la présidente. Pour damer le pion à Paris qui affiche également des ambitions sur ce terrain.

www.sfgeneva.org