Aviation

A Genève, Swiss est enfin bénéficiaire

A Cointrin, la compagnie aérienne en mains de Lufthansa avait perdu environ 50 millions de francs en 2014. Grâce à des mesures internes et a une conjoncture favorable, elle a quitté les chiffres rouges en février 2018

Swiss est presque à l’équilibre à Genève en 2017, a annoncé à la presse Thomas Klühr, président de la direction, jeudi à Kloten. «Personnellement, je ne m’attendais pas à de tels progrès», a-t-il ajouté. En 2014, la perte «genevoise» avoisinait les 50 millions de francs – la compagnie ne publie pas les montants précis. «Elle a été progressivement réduite et le résultat 2017 est le meilleur de notre histoire», confirme Lorenzo Stoll, responsable de la compagnie nationale à Genève.

En 2018, selon toute probabilité, Swiss présentera un bénéfice à Genève. D’ailleurs à la fin février, c’est déjà une réalité (par rapport à février 2017), selon ce dernier. Le scénario d’un remplacement de Swiss par Eurowings, la marque à bas coût de Lufthansa, présenté dans L’Agefi cette semaine, est très improbable, selon le président de la direction. «Mais il est légitime et correct que la direction établisse des scénarios alternatifs», explique Thomas Klühr.

Trois ans de suite au-dessus de l’objectif

Pour l’ensemble de la compagnie, le bénéfice d’exploitation atteint 561 millions de francs, en hausse de 31%. C’est le deuxième meilleur après celui de 2007 (571 millions). La direction souligne la «robustesse du résultat». Pour la troisième année consécutive, l’objectif de rentabilité (8%) est dépassé. La marge bénéficiaire (EBIT) atteint en effet 11,3% en 2017. Et tout porte à croire que 2018 ne devrait pas voir la tendance s’inverser.

Les raisons avancées sont nombreuses. Elles sont à mettre au compte de facteurs propres à la société autant qu’à l’environnement favorable.

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Le renouvellement de la flotte améliore la rentabilité en augmentant le nombre de passagers par vol. Pour les long-courriers, Swiss a mis en service deux nouveaux Boeing 777-300ER en remplacement des Airbus A340-300. Pour les court et moyen-courriers, les Bombardier CS100 et CS300 ont remplacé les derniers Avro RJ100. Le réaménagement des heures de vol et du réseau est également un facteur positif. Par exemple, plutôt que les trois départs pour Miami (Swiss, Lufthansa et Austrian) se suivent de quelques minutes, ils ont pu être répartis sur toute la journée. Le coefficient de chargement s’est ainsi accru de 1,1 point de pourcent.

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Au total, le nombre de vols diminue de 4%, mais cela n’empêche pas une augmentation des sièges de 4,5% et des passagers de 2,3% (à 16,9 millions).

Les conditions-cadres ont également été jugées positives, qu’il s’agisse de la conjoncture, du bas prix du kérosène et de l’affaiblissement du franc suisse. Par contre, la concurrence reste vive sur les tarifs, même s’ils ont été relativement stables en 2017.

Critiques à l’égard de l’aéroport de Zurich

L’infrastructure offerte à Zurich est en revanche vivement critiquée par la direction. Par beau temps, la ponctualité est correcte (plus de 80%), mais dans le cas inverse elle laisse à désirer (50%). L’absence de plan d’expansion et l’abondance des contraintes de vol contrastent avec les projets d’aéroports concurrents et la flexibilité de leurs horaires nocturnes. «La question est de savoir si la Suisse pourra encore à terme offrir des vols long-courriers», s’inquiète même Thomas Klühr. Or un touriste sur trois arrive en Suisse par avion et l’aviation génère 190 000 emplois dans le pays.

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