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La journée d'aujourd'hui, organisée dans toute la Suisse, avait pour ambition d’associer le public aux nouvelles perspectives offertes par la numérisation de la société.
© ARND WIEGMANN/REUTERS

Digital Day

A Genève, la technologie avait un air de déjà-vu

La Journée du digital visait à associer le public aux nouvelles perspectives de la numérisation. Mais certaines des innovations présentées à la gare de Cornavin font déjà partie de notre quotidien depuis des années

Le flux de pendulaires est à peine perturbé par le vrombissement ambiant. Il n’est pas encore 8h du matin et beaucoup n’ont pas encore remarqué ce qui se trame du côté du hall de la gare de Cornavin, à Genève, où un drone de livraison de l’EPFL fait étalage de sa stabilité dans sa cage censée le protéger et protéger les humains des chocs.

Entre les galeries marchandes et l’entrée principale, une dizaine de stands, blottis les uns contre les autres, rivalisent d’innovation pour capter l’attention des usagers de cette gare de passage. La Journée du digital, coorganisée mardi par l’association DigitalSwitzerland (dont le groupe Ringier, copropriétaire du Temps, est membre), avait une saveur particulière à Genève. Une ville qui a vu naître le Web il y a vingt-huit ans, mais pas son développement.

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La Suisse se réveille tard

«On a coutume de dire qu’en Suisse on se lève tôt mais on se réveille tard», a plaisanté le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, venu tester les différentes innovations présentées par les partenaires de l’événement: les CFF, Swisscom, la RTS ou l’EPFL. La journée de mardi, organisée dans toute la Suisse, avait pour ambition d’associer le public aux nouvelles perspectives offertes par la numérisation de la société.

Derrière le ministre genevois à la Sécurité et à l’économie, Robbi semble faire la moue. Peu sollicité par les pendulaires, le robot-guide de l’Aéroport de Genève se languit. Développé, en 2013 déjà, par l’ex-start-up de l’EPFL BlueBotics, il est toujours utilisé comme un prototype à l’aéroport de Cointrin.

Lire également: Neuf entreprises suisses s’allient pour proposer une identité numérique

Eduquer à la technologie

Mais ce panneau d’affichage interactif sur roues n’est pas la seule «innovation» à avoir un air de déjà-vu. Sur le stand adjacent, les CFF démontrent les bienfaits de leur nouvelle application smartphone et, entre deux distributions de chocolats et de stylos, Swiss propose une visite virtuelle de son nouvel avion Bombardier – et de ses sièges si «ergonomiques» – volant depuis plus d’un an.

Mais il n’y en avait pas que pour la mobilité à la Journée du digital, qui a aussi consacré de la place à la formation. Derrière son imprimante 3D, Julien Da Costa vante les mérites des nouvelles technologies dans le processus éducatif. «Les deux imprimantes que j’ai devant moi coûtent moins de 500 francs. Au niveau de l’enseignement, cela permet de faire de la modélisation 3D puis de créer tout de suite l’objet en évitant qu’il ne reste qu’au stade de projet dans l’ordinateur. C’est ça la valeur ajoutée», explique cet assistant d’enseignement et de recherche au Tecfa. Une structure de l’Université de Genève qui forme une trentaine de personnes par an aux technologies éducatives.

Alain Berset: «La numérisation va au-delà de l’utilisation de gadgets»

La RTS était également représentée. Son unité culturelle, en association avec le bullois DNA Studios, proposait la visite du tableau L’Île des morts, depuis l’intérieur, du peintre suisse Arnold Böcklin. C’est la voix de l’humoriste Yann Marguet qui nous guide à travers ce voyage initiatique (très réussi) en réalité virtuelle. «L’idée c’est de donner les clés d’une œuvre à un public qui n’irait pas naturellement visiter un musée», explique Mounir Krichane, chef de projet au laboratoire numérique de la RTS, une structure qui explore de nouvelles formes de narration.

Arrivé depuis Zurich dans un train spécial, le conseiller fédéral Alain Berset a tenu à rappeler, lors d’une table ronde animée par Le Temps, que la «numérisation va au-delà de l’utilisation de gadgets». Pour le ministre de la Santé et de la culture, ce type d’événements doit pousser à «réfléchir à l’introduction de la technologie dans notre vie de tous les jours». Un rôle qui ne peut pas qu’incomber aux politiques. Pour le dire autrement, la technologie est aussi une affaire de culture.

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