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Le Café des Bains à Genève doit servir de laboratoire pour lancer une application censée rayonner à l’échelle du groupe Aevis Victoria et au-delà.
© cafedesbains.com

Innovation

Genève teste l’«Huberisation» des restaurants

L’entrepreneur valaisan Antoine Hubert vient de lancer une application permettant de réserver sa table, de précommander ses plats et de régler électroniquement sa note. Le nouvel outil, qui pourrait être déployé à une échelle industrielle, chasse sur les terres de la start-up romande Apety et de son homologue zougoise Menu Technologies

Aevis Victoria semble investir dans la restauration 2.0. Via son administrateur délégué, Antoine Hubert. Ce dernier a en partie numérisé ces trois derniers mois le Café de Bains, son restaurant situé dans un immeuble dont il est également propriétaire. L’établissement genevois, plus que séculaire et que le propriétaire de l’Agefi a repris voilà 18 ans, dispose à présent d’une application mobile parmi les plus achevées de Suisse romande. Cette dernière permet à la fois de réserver une table, choisir son menu, payer automatiquement l’addition grâce à son smartphone et, le cas échéant, évaluer le service, voire laisser un pourboire.

Lire aussi: Serge Sozonoff: «iKentoo est la caisse enregistreuse du XXIe siècle»

D’autres fonctions supplémentaires, en cours d’élaboration, sont appelées à s’ajouter au dispositif: choix de boissons en temps réel et de son numéro de table – comme pour les sièges chez EasyJet –, reconnaissance des habitués grâce à des balises (Ibcoins), exploitation des données de masse pour mieux cibler les préférences de la clientèle, etc.

Une «Food Valley», entre Zoug et l'Arc lémanique

Dans le même registre, la start-up Apety, née d’un cours d’entrepreneuriat à l’EPFL fin 2016, offre déjà l’accès à plus d’une vingtaine de restaurants partenaires entre Genève et Lausanne. L’outil propose plusieurs modes de recherche et géolocalise les enseignes. «Nous recensons plus de 350 utilisateurs réguliers chaque semaine», se félicite Aurélien Soccard, cofondateur de la jeune pousse portée par une quinzaine d’étudiants.

Menu Technologies, une jeune pousse zougoise fondée en 2014, recense quant à elle déjà 200 restaurants partenaires en Suisse et en Europe, pour plus de 20 000 usagers. Parmi ses principaux partenaires: les CFF, qui a prévu de déployer l'outil venu d'outre-Sarine dans tous ses wagons-restaurants, dans le courant de ce semestre.

Une enseigne laboratoire

Retour à l’application du Café des Bains. Son développement aura coûté à ce jour 150 000 francs, intègre et fait interagir une dizaine de prestataires différents. Dont Ikentoo, une start-up genevoise spécialisée dans l’encaissement et qui affiche une croissance de 600% depuis 2013. «Nous avons d’ailleurs investi 5 millions de francs dans cette jeune pousse», relève au passage Antoine Hubert.

Objectif, à terme: élargir l’outil au portefeuille d’Aevis Victoria, qui dénombre plus d’une dizaine de restaurants ouverts au public dans ses cliniques et autres hôtels. Puis, à toutes les autres enseignes utilisant le système de caisse iKentoo, soit pour l’heure quelque 2800 établissements. «A ce stade, le Café des Bains garde l’exclusivité de cette application. Mais c’est pour mieux jouer le rôle de laboratoire, dans l’idée d’universaliser le dispositif, ce qui pourrait présenter un intérêt en termes de ventes croisées ou de référencement avec d’autres restaurants», souligne Antoine Hubert.

Du côté d’Apety, qui a obtenu l’an passé une bourse Microsoft de 120 000 francs, le projet consiste aussi à s’étendre à d’autres villes comme Zurich, Saint-Gall, Berne et Bâle, où des contacts onr «déjà été pris avec des restaurateurs», assure Aurélien Soccard.

Gros travaux en vue

L’idée de ces deux applications est née d’un même constat. «Lors de grandes affluences, lorsque tout le monde souhaite commander et régler en même temps, il faut souvent s’armer de patience avant de trouver une serveuse ou un serveur de libre», observe Arnaud Hubert, fils du propriétaire et gérant du Café des Bains.

Numériser en partie le service permettrait de gagner du temps et d’améliorer l’accueil, sans pour autant réduire le personnel. «Nos employés sont plus détendus et peuvent davantage se concentrer sur le relationnel», conclut Antoine Hubert, qui réfléchit déjà à agrandir son restaurant genevois.

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