Attractivité

Genève veut devenir incontournable pour la philanthropie

Depuis trois ans, le canton lance des initiatives pour favoriser l’implantation de fondations. En allégeant les aspects administratifs ou en affinant la fiscalité. Premier bilan.

Genève soigne ses fondations. Les 1174 que le canton accueille déjà (ce qui le place en 4e position suisse), mais aussi celles qu’il souhaite accueillir à l’avenir. Trois ans après avoir lancé une initiative dans ce sens, les autorités cantonales effectuent un bilan d’étape.

«Il ne s’agit pas d’avoir un bancomat pour les projets de l’Etat, mais plutôt de leur donner davantage d’ampleur grâce au soutien du secteur privé», explique la chancelière Anja Wyden Guelpa, lors d’une présentation effectuée en fin de semaine. Et d’ampleur, certains projets récents financés ou cofinancés par le privé n’en ont pas manqué, comme la future Cité de la musique (estimée à 270 millions) ou le nouveau campus de la Haute école des arts et du design (HEAD), devisé à une centaine de millions.

Facilitateur

Canton ayant attiré le plus de nouvelles fondations l’an dernier (40), selon une étude de SwissFoundations, Genève veut entretenir ce dynamisme, véritable enjeu pour son image, mais aussi pour son tissu économique, même si les retombées sont difficiles à chiffrer, expliquent en substance les conseillers d’Etat Serge dal Busco (chargé des Finances) et Pierre Maudet (Sécurité et Economie).

«Nous voulons jouer un rôle de facilitateur au sein de l’écosystème genevois, précise ce dernier. Un écosystème basé sur une longue tradition, comprenant la Genève internationale et ses experts de haut niveau, mais aussi le secteur bancaire et les métiers qui y sont rattachés.»

Comment? En simplifiant les procédures de création et d’implantation de fondations, et en allégeant les demandes d’informations. «Sur le plan fiscal, nous nous sommes alignés sur le cadre fédéral, en rendant illimitée la période d’exemption fiscale, alors qu’elle était limitée à dix ans auparavant», poursuit Serge dal Busco.

Discrètes conférences

Les fondations d’utilité publique bénéficient d’une exonération fiscale complète à Genève, tandis que les entreprises peuvent déduire jusqu’à 20% de leur bénéfice net et les individus, jusqu’à 20% du revenu net.

Une autre mesure a été plus discrète: la mise en place de tables rondes permettant aux différents acteurs de la philanthropie d’échanger sur des thèmes comme le handicap, le patrimoine ou la culture. Sans présence du public ou de la presse.

Lire aussi: Patrick Odier: «Les fondations devraient collaborer davantage»

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